Dix jours après la fermeture des écoles et des commerces non essentiels, une semaine après la mise en confinement de la population, comment s’adaptent les prestataires IT à cette situation exceptionnelle ? Témoignages*.

Julien Jacquel, directeur général Waycom (Hauts-de-Seine)

« La durée du confinement déterminera le nombre de sociétés qui pourront se sortir de cette crise »

Le siège social, l’ensemble des agences et centre de logistique, de Waycom sont fermés et accessible selon procédures particulières et adaptées en cas de nécessité. L’ensemble des collaborateurs éligible au télétravail le sont.

Le build est perturbé

Concrètement, les événements du moment perturbent une partie de nos activités, en l’occurrence celles liées au déploiement de nos solutions chez nos clients, autrement dit, le Build.

Beaucoup de services internes dépendent de cette activité puisqu’elle est le passage indispensable pour exploiter nos solutions par la suite : nous avons donc eu recourt à l’activité partielle de certains collaborateurs dès les premiers jours de confinement.

À l’inverse, l’ensemble de notre exploitation d’infogéreur demeure inchangé et peut même par certains moments subir des pics sur les activités liées au télétravail de nos clients (outils collaboratifs et connections sécurisées essentiellement).

Nous sommes très inquiets pour certains de nos clients

Avec la mise en place de l’activité partielle nous pallions la perte de revenus due à nos activités de déploiement. En revanche nous sommes effectivement très inquiets pour certains de nos clients qui peuvent être très fragilisés par cette crise sans précédent. Nous recevons d’ores et déjà de nombreuses alertes sur des défaut de paiements futurs ou des demandes de report d’échéances.

Ce dont je suis sûr, c’est que la durée du confinement déterminera le nombre de sociétés qui pourront se sortir de cette crise et que chaque jour qui passe brise l’avenir de bon nombre de TPE, PME et ETI Française ; ce qui par ricochet abîmera celles qui survivront.

Notre métier étant plutôt en bout de chaîne, nous en subirons les conséquences par effet de conséquences.

 

Eric Peters, Président-directeur général de l’intégrateur de solutions de traçabilité Solutys

« Solutys Group a garanti l’emploi et l’intégralité des salaires de ses collaborateurs, jusqu’au 31 décembre 2020 »

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Oui bien sûr. Ces sujets sont à l’étude par nos conseils pour mise en place. En revanche, dès fin Février, Solutys Group a garanti l’emploi et l’intégralité des salaires de ses collaborateurs, jusqu’au 31/12/2020 quelle que soit la situation.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Elle est éligible au chômage partiel. À défaut, la solidité de la structure financière du groupe lui permettra de ne pas licencier pendant 12 mois quoiqu’il en soit.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

100 % du poste client de Solutys Group est couvert par une assurance-crédit Euler Hermes depuis 12 ans. Aucun risque de crédit clients y compris s’ils font défaut.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

En 2020, c’est peu probable avant au mieux le début du 4ème trimestre. À suivre donc !

 

Jean-François Marchal, CTO de l’intégrateur HP X9000 (Rhône)

« Notre charge de travail ne justifie pas pour le moment de chômage partiel »

L’activité de X9000 est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Comme tous nos confrères, nous sommes bien évidemment affectés. L’activité commerciale est la première touchée par l’indisponibilité. Nos interlocuteurs ne sont plus disponibles que pour les projets les plus stratégiques, comme par exemple ceux qui touchent à la sécurité.
Les installations sur site sont reportées, mais nous avons assez de prestations à réaliser à distance pour occuper tout le monde. C’est aussi l’occasion de travailler sur nos projets IT internes, comme le nouveau datacenter et notre offre d’hébergement.
L’admin est encore très chargée, en période de clôture de bilan, avec une gestion des livraisons un peu plus compliquée qu’à l’habitude.
Nous avons eu des sollicitations pour donner des formations en ligne … un peu trop tôt pour nous compte-tenu de notre plan de charge.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?
Non, notre charge de travail ne le justifie pas pour le moment. Si on devait le faire, il faudrait transformer tous les coups de téléphone annonçant une fermeture de site ou un report de prestations en documents formels … ce n’est pas gagné.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?
Cette option n’est pas envisagée à ce jour. Nous avons des marchés publics qui vont tirer l’activité.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Nous y faisons attention au quotidien. Nous avons un mécanisme d’alerte pour nous prévenir des changements de situation financière de nos clients, fournisseurs et partenaires. Nous avons déjà perçu quelques tensions, mais rien d’alarmant. Notre banquier principal a des instructions pour payer toutes les traites à échéance … Ceux de nos clients devraient faire de même avec le soutien de l’Etat.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Nous anticipons une vague de demandes pour terminer les projets restés en cours et démarrer rapidement les projets différés dans l’incertitude de cette crise. La gestion des plannings futurs est l’un des dossiers importants sur le bureau de mon poste de télétravail.

 

David Chassan, chief communications officer du fournisseur de services Cloud Outscale

« Nous avons déclenché notre Plan de Prévention des Pandémies et notre Plan d’Activité Continue »

L’activité de Outscale est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle proportion ?

Nous sommes affectés par les mesures de confinement dans le sens où nous avons déclenché notre Plan de Prévention des Pandémies et notre Plan d’Activité Continue depuis début mars 2020.

Toute l’organisation est en télétravail et cela n’affecte pas les services rendus à nos clients ni même l’activité. Nous prêtons toujours une attention régulière à nos clients et partenaires.

Notre cellule de crise covid-19, dont je fais partie, se réunit plusieurs fois par jour pour faire un point de la situation et définit des axes d’amélioration. La communication avec toutes les équipes est essentielle.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Depuis 2014, date à laquelle nous avons été qualifié ISO 27001, notre organisation est donc préparée et fiable à tous les niveaux. Tous les départements de l’entreprise sont opérationnels et nos clients savent que 3DS Outscale est un véritable partenaire sur lequel ils peuvent compter. C’est la confiance en notre modèle industriel et sécurisé.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Non.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

En tant que pure player du Cloud, nous fournissons des services de type Infrastructure as a Service. Ce socle technologique représente la base de nombreux systèmes de données sensibles et d’applications pour les organisations publiques, grandes entreprises, éditeurs de logiciels et startups. Le IaaS est donc la base technologique de tous les services en ligne que nous pouvons utiliser.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Nous sommes très proches de nos clients. À ce jour, aucun ne montre de faiblesse.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Nos clients utilisent notre Cloud car il est de qualité industrielle et certifié des plus hautes exigences de sécurité. Ils peuvent avoir confiance auprès d’un Cloud provider qui tient en compte les perspectives d’évolution de leurs usages pour assurer une continuité des services.

 

Richard Ramos, General Manager France d’Insight

« Nous anticipons des risques pour la réalisation d’activités par nos experts ou consultants »

Insight a depuis plus de deux ans favorisé le travail à distance pour l’intégralité de ses collaborateurs. Chacun est doté d’un ordinateur et téléphone portable afin de lui permettre de poursuivre son activité à son domicile, par choix ou par nécessité. C’est malheureusement ce qui se passe dans le cas présent. Nous sommes toutefois dans un écosystème contraignant pour nos clients et partenaires qui induit l’apprentissage de nouvelles pratiques et de nouvelles formes de collaboration qui vont s’améliorer avec le temps.

Donc, bien évidemment, nous anticipons des risques pour la réalisation d’activités par nos experts ou consultants et des retards dans la réception ou l’envoi de certaines commandes logicielles ou matérielles. Nous adapterons, dans une approche citoyenne et responsable, la gestion de cette situation pour nos collaborateurs. Des options sont possibles, elles seront évaluées, et nous travaillerons avec le CSE, si cela est nécessaire, dans leur mise en œuvre.

Nous sommes également conscients de la situation parfois difficile de nos clients et essayerons de les accompagner au mieux dans les enjeux qu’ils auront à surmonter, tant techniquement que financièrement. La rapidité du retour à un niveau d’activité « satisfaisant », dépendra bien évidemment de la durée de cette terrible épidémie et de la responsabilité prise par tous les acteurs publics ou privés concernés.

Enfin, nous avons un décrit un Plan de Continuité de l’Activité au niveau mondial, qui, nous l’espérons, confortera nos clients et partenaires dans la confiance qu’ils nous ont accordée.

 

Stéphane Castagné, sales director France du VAD Prianto

« Il y aura un avant Coronavirus, et il y aura un après »

L’activité de Prianto France est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Pas vraiment. Nous travaillions chez Prianto, déjà en mode télétravail en France, ainsi qu’en Europe. Notre mode opératoire est 1/3 bureau et 2/3 clients ou en télétravail.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Les activités les plus affectées sont les rendez-vous clients, ainsi que les salons ou manifestations avec nos fournisseurs (IT Partners 2020).

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Du fait de notre mode de travail, nous n’avons pas eu à prendre de mesures de chômage partiel.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Aucune alternative n’est pour le moment étudiée car la demande de nos clients, est toujours présente, voire augmente. Comme par exemple la distribution de Teamviewer, Solarwinds et autres solutions de prise en main à distance.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Oui, nous sommes vigilants et n’observons à ce jour pas d’écart important.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Nous pensons et sommes déjà en train d’observer, des changements de fonctionnements avec nos partenaires, clients et fournisseurs. Le niveau d’activité d’avant crise sera retrouvé une fois l’épidémie passée. Mais comme le disait notre président, il y aura un avant Coronavirus, et il y aura un après. Dans l’IT, comme dans le reste des industries.

 

Tanguy Moreux, directeur du développement de l’intégrateur et hébergeur Naitways (Hauts-de-Seine)

« La période la plus dure sera sans doute en 2021 »

L’activité de Naitways (ex-BFS Network) est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Oui bien-sûr nous sommes affectés, la limitation des déplacements, la protection de nos salariés et les activés de nos clients sont tous à niveaux différents perturbés. Le développement ou l’accélération du télétravail perturbent les réseaux et les outils de collaboration plutôt stables et de bonne qualité habituellement, mais je pense que dans l’ensemble nous sommes chanceux et nous nous en sortons plutôt bien. Nous avons pris le parti de mettre 100% de nos collaborateurs en télétravail et deux techniciens sont sur le pont pour les déplacements ponctuels en Datacenter ou chez nos clients pour traiter les urgences.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Nous avons mis en place les offres de nos partenaires comme Cisco Webex, ou Umbrella pour aider nos clients à mettre rapidement des outils collaboratifs ou de sécurité en place afin de répondre à une demande grandissante de travail à distance.
Nous avons travaillé en collaboration avec Dell pour livrer des laptops très rapidement (24/48h) chez nos clients afin d’équiper une population peu encline à télétravailler habituellement. Et je dirais qu’au vu des délais très court pour ces mises en place, notre activité est plutôt forte. La partie Cloud est quant à elle en croissance, permettant le lancement de nouveau services ou de partage de document de manière sécurisé. Mais comme tout le monde les trois à quatre semaines à venir seront sans doute différentes et un ralentissement de notre activé de manière générale est à prévoir.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Non, tous nos salariés sont aujourd’hui maintenus, mais comme dit plus haut nous ferons peut-être cette analyse d’ici une dizaine de jour en fonction de l’évolution de la situation.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Non avons une solidité financière et des contrats avec nos clients qui nous permettent d’envisager l’avenir sereinement mais il faut rester vigilant et il va falloir ajuster nos ambitions en fonction des semaines avenir.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Non, nos clients sont solides et assez transparents pour nous dire s’ils devaient avoir des difficultés afin de trouver des solutions intelligentes en commun.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Oui, nous sommes en France. Les aides/annonces de l’État vont aider et la structure de notre société va nous permettre de reprendre rapidement les projets en standby. Cependant il faut être réaliste cette crise sanitaire est grave et aura sans doute des répercussions insoupçonnées auxquelles il faudra faire face. Mais je pense que la période la plus dure sera sans doute en 2021…

 

Dave Lecomte, président de VLFIT (Vous Faciliter L’IT [ex-Dactyl OMR])

« Nous aurons des problèmes de solvabilité clients à affronter dans tous les secteurs »

L’activité de VLFIT est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Oui bien entendu, nous sommes impactés comme tout un chacun. Cependant de manière très différente suivant les métiers. Globalement, nous avons été très bousculés la semaine dernière, par l’activité clients.

Nous nous étions organisés en fin de semaine précédente. Cependant, nos effectifs comprennent des parents d’enfants de moins de 16 ans. Donc de nombreux arrêt maladie pour garde d’enfant ont été demandés dès le début de la crise car le télétravail n’est pas toujours compatible avec les situations familiales.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Pour la semaine passée et cette semaine :

– En gestion (Centre de Compétence Sage) chez Dactyl infogérance et Medis nous maintenons jusqu’à présent une mobilisation complète. Nos clients vont avoir besoin de notre aide pour les déclarations sociales et les impacts sur la gestion de la paie, cette semaine en particulier. 80% des collaborateurs sont restés en activité.

– En sureté (CTV : protection des biens et des personnes) l’activité technique s’est effondrée car nous avons principalement des interventions physiques et le plus souvent en coordination avec d’autres corps de métier qui ont fermé ou n’interviennent plus sur site. 30% des collaborateurs sont restés en activité sur les deux semaines. C’est d’ailleurs bien une de nos difficultés, nous avons très peu, voire pas, de matériels sanitaires (masques, gants, lunettes) pour assurer un bon niveau de protection à nos collaborateurs, et cela malgré nos commandes datées de plusieurs semaines.

– En Télécom (Téléphonie et Opérateur par CTV et Siren Telecom) c’est un peu différent, nous avons un eu sursaut d’activité la semaine dernière pour accompagner à la bascule des solutions de téléphonie (renvoi d’appel, softphonie) et pour mettre en œuvre des solutions de communications unifiée. Cette semaine cela se tarit, beaucoup de structures étant fermées ou en mode veille. C’est l’effet domino de l’économie. Nous arrivons à maintenir de l’assistance technique à distance de manière efficace pour nos clients et notre qualité de service. Puis nous avons aussi de la continuité d’activité télécom sur les liens (FAI) et le trunck SIP (VoIP). 60% des collaborateurs en activité en moyenne sur les deux semaines.

– En infogérance (Informatique local, Cloud, et Télécom par OMR infogérance et Dactyl Infogérance) nous avons eu une suractivité la semaine passée pour accompagner nos clients à modifier leur l’organisation et mettre en place du télétravail sécurisé et performant. Nous avons aussi déjà pas mal d’usage à distance et pouvons réaliser une grande partie de nos services via des connexions distantes sécurisées. J’ai espoir de pourvoir maintenir un bon niveau d’activité sur ces métiers si les clients restent à minima en activité. 75% des collaborateurs en activité en moyenne sur les deux semaines

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Les demandes sont faites mais sans réponse à cette heure, il est évident que nous allons en avoir un besoin réel et sérieux.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Nous avons déjà mise en place et en accord avec les CSE des actions en amont des possibilités de chômage partiel. Nous allons, afin de reculer le plus possible l’échéance, recourir à la prise des RTT et l’utilisation des congés à solder avant le 31 Mai. Cela permet d’assurer un revenu stable aux collaborateurs et de participer à l’effort national et enfin d’être prêt et disponible à la reprise… Nous avons pu constater une belle adhésion et rencontré un esprit solidaire et compréhensif de la part de nos équipes sur l’ensemble de ces sujets.

Malheureusement, il est vrai qu’après une phase d’activité réduite, suivant sa durée et en fonction de la dynamique de la reprise, nous commencerons par ne plus recruter et, pire, nous pourrions être dans l’obligation de recourir à la réduction des effectifs. Mais nous n’en sommes pas encore là…

Je rappelle toutefois que notre objectif premier, après la sécurité sanitaire de nos collaborateurs, est de maintenir un maximum d’activité productive.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Oui, il est certain que cette crise ne passera pas sans douleur, nous aurons des problèmes de solvabilité clients mais aussi de trésorerie à affronter dans tous les milieux.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

J’espère vivement que nous serons face à un sursaut d’activité, tout le monde aura du retard à rattraper ! Mais je crains qu’il faille être plus lucide, cela va laisser des traces qui impacteront l’économie durablement.

 

Philippe Gaitte, dirigeant de RSI Informatique (Vienne)

« Notre carnet de commande est plein. Dès que les mesures de confinement cesseront nous espérons reprendre une activité normale »

L’activité de RSI Informatique est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle proportion ?

En interne nous avons mis 75% de l’effectif en télétravail. Ça ne nous a pas posé de difficultés, juste quelques ajustements pour modifier nos habitudes de travail. Coté clients, notre activité technique a été multiplié par 3 la semaine dernière principalement pour de la mise en place de télétravail.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

L’activité de formation est à l’arrêt. Les livraisons de matériels sont très ralenties. L’activité de dépannage et d’assistance est très chargée y compris aujourd’hui lundi 23 mars.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Oui pour l’activité de formation qui est à l’arrêt. Pour le reste non pas encore.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Je ne sais pas.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Oui. Il est certain que nous aurons rapidement des difficultés de paiement de la part de nos clients fragiles. C’est un sujet de préoccupation.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Notre carnet de commande est plein. Dès que les mesures de confinement cesseront nous espérons reprendre une activité normale pour peu que nos clients soient en mesure de réceptionner et payer ce qui a été commandé. Il est toutefois probable que la reprise nécessite quelques semaines.

 

Marc Hia Balié, directeur général de Lafi

« Les encours n’ont pas bougé »

L’activité de Lafi est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Pas pour le moment.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Les entreprises en rapport avec l’événementiel, boutiques fermées.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Non.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Les encours n’ont pas bougé.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Aucune idée, on ne sait pas combien de temps durera cette situation.

 

Audrey Girmens, directrice générale d’Inforsud Diffusion (Tarn)

« La quasi-totalité des congés seront soldés fin avril ce qui permettra une reprise d’activité rapide et efficace »

L’activité de Inforsud Diffusion est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Oui dès les premières mesures de confinement, nous avons suivi les directives gouvernementales en favorisant le télétravail pour nos équipes quand cela était possible. Aujourd’hui, tous les collaborateurs sont en télétravail à l’exception de ceux qui doivent intervenir sur les sites des clients pour le déploiement de postes ou changements d’infrastructures matérielles.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Les activités de développement, de support aux utilisateurs et de services sur les outils de gestion continuent sans problème. C’est une nouvelle organisation qui se met en place entre nos équipes pour garder le lien et les échanges sur les dossiers des clients.

Les activités commerciales et d’intervention sur site sont fortement impactées par l’arrêt de l’activité de nos clients.

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Oui nous déposons nos dossiers à la Direccte avec les différentes pièces justificatives. Grâce à la mobilisation et la solidarité de nos collaborateurs, la quasi-totalité des congés seront soldés fin avril ce qui permettra une reprise d’activité rapide et efficace.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Notre trésorerie se porte bien pour les prochains mois. Pas de souci de ce côté et avec les mesures prises par le gouvernement nous pouvons continuer à régler nos fournisseurs et nos prestataires.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

C’est un point que nous allons surveiller après la reprise, tout en essayant d’aider nos clients qui auraient des problèmes de trésorerie. Nous avons toujours eu cette démarche d’accompagnement auprès d’eux. Notre relation se construit sur plusieurs années…

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

L’informatique est souvent un centre de coûts pour les entreprises, il est probable que certains projets soient décalés dans le temps. C’est toute notre année 2020 que nous allons remettre en question et adapter dès que possible.

 

Alexandre Ebner, Directeur des Ressources Humaines de Groupe Asten

« Nous estimons actuellement à plus de 200% la hausse des demandes de nos clients en matière de VPN »

Dans un contexte où le coronavirus continue de s’étendre, suscitant de nouvelles mesures de précaution prises au jour le jour par les pouvoirs publics, le Groupe Asten a comme priorité d’assurer la sécurité de ses collaborateurs tout en maintenant une continuité de l’ensemble de nos services à nos clients dans une qualité optimale.

Groupe Asten, leader en Bretagne de l’infogérance et propriétaire de 2 datacenters, est un partenaire informatique de référence pour accompagner la transformation numérique des entreprises et des collectivités.

Notre savoir-faire est organisé en trois filiales :

– Asten Cloud : Hébergement, infogérance et cybersécurité

– Asten Lab : Big Data, développement d’application et de solutions mobiles et intégration d’ERP

– Asten Retail : Edition et intégration de logiciel d’encaissement

Pour ce faire, et au-delà des sensibilisations sur les gestes préconisés par l’OMS, nous renforçons nos mesures en généralisant le travail à distance pour une grande partie de nos collaborateurs afin de répondre aux besoins de nos clients sur nos différents métiers. Le principe est le maintien de la présence physique pour les métiers dits essentiels à la continuité de services aux clients et notamment les compétences clés permettant d’agir rapidement sur nos datacenters en cas de besoin.

Nos services de développement, et en particulier ceux en délégation chez nos clients, peuvent être impactés selon les mesures prises en interne par ces derniers. Nous sommes actuellement en relation de proximité avec nos clients pour tenter de généraliser le télétravail pour ce public en répondant notamment à la problématique sécuritaire du télétravail.

Aussi, afin d’être toujours au plus proche des attentes opérationnelles de nos clients, nous avons anticipé leurs besoins liés à l’augmentation du travail à distance en renforçant nos liens télécom et en les accompagnant sur différentes demandes de l’approvisionnement en ordinateurs portables à la mise en place d’outils de communication et de partage de fichiers. Nous estimons actuellement à plus de 200% la hausse des demandes de nos clients en matière de VPN permettant le travail à distance. Nos équipes sont mobilisés pour prendre en comptes l’ensemble des besoins de nos clients afin de traverser ensemble cette crise sanitaire.

 

Elyes Dridi, directeur marketing et communication, manager région Est d’Anetys

« Pour l’instant, les conséquences sont plutôt positives sur le business d’Anetys »

L’activité d’Anetys est-elle affectée par les mesures de confinement ? Si oui, dans quelle mesure ?

Pour l’instant, les conséquences sont plutôt positives sur le business d’Anetys car nous avons augmenté nos ventes de licences et de prestations directement lié au contexte du Covid-19. En effet, notre offre propose des solutions de « Digital Workspace » permettant de travailler de n’importe où, depuis n’importe quel périphérique, grâce aux technologies Citrix (Workspace, ADC) ou encore Palo Alto Networks (GlobalProtect). Dans le contexte actuel, les clients qui sont équipés de nos solutions ont pu réagir très vite en généralisant le télétravail. Et les autres nous ont sollicité pour la mise en place de ces solutions.

Quelles activités sont le plus affectées et à l’inverse quelles sont celles qui le sont le moins ?

Seules quelques régies et projets déjà engagés chez certains clients ont été reportés mais l’activité n’est pour l’instant pas trop affectée. D’autres projets sont réalisés normalement à distance et les services managés continuent à fonctionner normalement grâce aux mesures d’organisation prises en interne (télétravail, outils collaboratifs, VoIP).

Avez-vous pris (ou prévu de prendre) des mesures de chômage partiel ? Le pouvez-vous ?

Pour l’instant, aucune mesure de chômage partielle n’est envisagée et n’a été prise.

Dans le cas où l’activité de votre entreprise baisserait et où elle ne serait pas éligible au chômage partiel, quelles alternatives s’offrent à vous ?

Dans ce cas, nous privilégierons d’abord la prise de congés de nos collaborateurs ce qui nous laisserait un peu de temps pour sortir peut-être de cette crise.

Êtes-vous inquiet pour la solvabilité de vos clients ?

Certains de nos clients peuvent se retrouver en difficulté c’est possible, mais nous gardons confiance dans notre relation avec eux et les mesures d’aide prises par le gouvernement doivent éviter d’arriver à une situation critique.

Pensez-vous qu’il soit encore possible de revenir rapidement au niveau d’activité d’avant crise une fois les mesures de confinement levées ou pensez-vous qu’il faudra de toute façon adapter la voilure ?

Oui, il y aura un avant et un après Coronavirus, je pense que nos clients devront déjà reprendre une pleine activité et ensuite ils tireront des enseignements de cet épisode particulier, par exemple concernant leur plan de sauvegarde d’activité, le maintien en condition opérationnelle en situation de crise, une nouvelle approche du télétravail, …et ces réflexions donneront également des projets futurs.

 

*Ces témoignages ont été recueillis par e-mail les lundi 23 et mardi 24 mars