Joël Fizycki, patron de l’intégrateur Arumtec, spécialisé dans la virtualisation, voit deux raisons principales pouvant expliquer l’intérêt d’Oracle pour l’offre matérielle de Sun. « Même si le matériel n’est pas la motivation principale d’Oracle, celui-ci récupère plusieurs pépites qu’il a bien l’intention de faire fructifier, explique-t-il. Notamment une technologie de switches virtuels comparable à celle que Cisco vient d’annoncer sous le vocable UCS et ZFS, une technologie de gestion de stockage innovante ».

 

La volonté de jouer les premiers rôles dans le Cloud Computing

 

L’autre intérêt majeur de Sun pour Oracle, selon Joël Fizycki, a trait à la montée en puissance du cloud computing et de la virtualisation. « Avec le Cloud, la frontière entre les infrastructures et les applications devient moins nette. De plus en plus, les de clients vont externaliser des pans entiers de leur puissance de calcul. Les acteur du Cloud vont de ce fait prendre un poids prépondérant et auront une position de force vis à vis des éditeurs, notamment pour négocier les coûts de licence. En proposant des offres intégrées, Oracle devrait pourvoir peser plus lourd dans la balance ».

 

Reste que, même si son objectif est de maîtriser la totalité de la chaîne valeur pour s’imposer dans le cloud computing et les centres de données, Oracle n’a pas forcément besoin de l’ensemble du portefeuille matériel et logiciel de Sun. Que va devenir par exemple son offre de serveurs propriétaires Sparc, dont les parts de marché s’effritent régulièrement mais à laquelle le constructeur n’a jamais voulu ou pu renoncer ? Fujitsu pourrait être intéressé. Mais encore ? De même, les analystes s’interrogent sur l’avenir de son offre de gestion d’identités qui recoupe largement celle d’Oracle.

 

Ce rachat est-il une opportunité ou une menace pour le réseau de distribution ? Cette opération remet-elle en question les alliances qu’entretient Oracle avec HP ou Dell ? Autant de questions qui demeurent pour l’instant sans réponse.