L’école des plombiers du numérique, qui offre des débouchés professionnels à des jeunes en situation d’échec scolaire est sur le point de libérer sa première promotion de techniciens de déploiement fibre.

Créée à l’initiative du fonds de dotation Impala Avenir du fondateur de Neo Telecoms Florian du Boÿs, l’école des plombiers du numérique s’adresse à des jeunes de 17 à 24 ans déscolarisés depuis plus d’un an et vise à les aider à construire un projet personnel en les formant sur un métier d’avenir. Montée en partenariat avec l’Ecole de la deuxième chance de Seine-et-Marne et la FIRIP, le premier cursus de cette école a démarré fin septembre avec une promotion de douze stagiaires (réduite à onze depuis).

Sur une durée de trois mois, les jeunes alternent cours à l’école et stage en entreprise. Au programme : soudure, clivage, installation de boîtes de raccordement, réflexométrie… Aux fondamentaux du déploiement de liens fibre, s’ajoutent quelques sessions de culture générale. L’objectif étant de les rendre suffisamment autonomes pour exercer leur nouveau métier en entreprise à l’issue de leur cursus fin décembre.

Bien que non diplômante (pour ne pas concurrencer les organismes de formation traditionnels), la formation proposée par les plombiers du numérique est standard dans ce secteur d’activité. Ce qui change, c’est le public auquel elle s’adresse. « Un public pas moins motivé et pas moins méritant que les jeunes qui sont habituellement aiguillés vers ces emplois », souligne Florian du Boÿs. Dans un contexte où les besoins en main d’œuvre sur le déploiement fibre sont énormes – pas moins de 25.000 recrutements prévus d’ici à 2021, selon les études – et où les entreprises ont du mal à fidéliser leurs salariés, ce dernier se montre serein sur les chances pour ses jeunes stagiaires de décrocher un emploi à l’issue de leur formation.

Plusieurs entreprises telles que Scopelec, Sogetrel, acteurs de référence sur leur marché, mais aussi des plus petites, telles que Fortel ou Liazo, ont été séduites par les valeurs du projet et ont d’ores et déjà accepté de jouer le jeu en accueillant des stagaires. Et Florian du Boÿs a déjà l’assurance que la moitié des stagiaires de la première promotion aura un poste à l’issue de la formation. La difficulté réside plus en amont dans le fait de trouver des candidats suffisamment motivés pour suivre la formation. C’est le rôle de l’école de la deuxième chance de susciter des vocations parmi les jeunes que lui envoient les missions locales.

C’est le fonds de dotation Impala Avenir qui assure le financement de ce premier cursus monté avec avec l’Ecole de la deuxième chance de Seine-et-Marne. À raison de 3 promotions de 16 élèves par an, et moyennant 3.000 € de frais de scolarité par élève, le budget annuel de ce cursus de techniciens de déploiement fibre de l’école des plombiers du numérique s’élève donc à 150.000 €. Un budget auquel il faut ajouter les 70.000 € du plateau technique qui permet aux jeunes d’apprendre à manipuler les outils qu’ils rencontreront dans leurs entreprises. Plusieurs entreprises telles que Alphalink, Interxion et Caritas accompagnent déjà I’école via leurs dons. Le fonds de dotation Impala Avenir ayant le statut de fondation, les entreprises qui souhaitent faire un don ont la possibilité de déduire de leur impôt dur les sociétés 60% des sommes versées.

L’école des plombiers du numériques ayant vocation a essaimer, deux autres cursus de techniciens de déploiement fibre sont en passe de se monter à Bordeaux – en partenariat avec les Apprentis d’Auteuil (qui, porte le dispositif E2C) – et à Marseille – également avec les Apprentis d’Auteuil et partenariat avec l’E2C. L’un et l’autre pourraient démarrer en janvier. En parallèle, Impala Avenir prépare un second cursus de technicien datacenter toujours sous le label de l’école des plombiers du numérique, en partenariat avec la fédération d’entreprises France datacenter. Un cursus qui nécessite cette fois de construire entièrement le programme pédagogique, et qui consiste à former des techniciens capables d’effectuer les opérations de rackage (installation d’équipements dans des baies) et de câblage (raccordement au réseau) en datacenter en lieu et place des ingénieurs.