Grosse accélération pour l’opérateur fibre seine-et-marnais Celeste, qui aura plus que triplé de taille en moins de deux ans. Fin 2018, Celeste comptait une centaine de collaborateurs, revendiquait 2.500 km de fibres déployées, une cinquantaine de points de présence et à peine plus de 3.500 clients interconnectés pour un chiffre d’affaires d’environ 22,5 M€. Aujourd’hui, Céleste c’est plus de 400 collaborateurs, dont 70 dédiés au seul déploiement de la fibre, 6.000 km de réseau fibre et plus de 230 points de présence. Le portefeuille clients atteint désormais 10.000 entreprises – dernières références en date : l’INA, la Société du Grand Paris, les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des Alpes Maritimes et de la Mayenne, les universités de Lyon et l’opérateur CenturyLink – et le chiffre d’affaires devrait dépasser les 70 M€ cette année. Entre-temps, il y a eu l’entrée au capital du fonds d’investissements Infravia, spécialisé dans les infrastructures (aéroports, sociétés d’autoroute, terminaux pétroliers, datacenters…) avec plus de 4 milliards d’euros d’actifs en gestion.

Sous sa houlette, Celeste a pu mener pas moins de cinq opérations de croissance externe – sur fonds propres – en l’espace d’un an. Il y a d’abord eu Via Numérica en juillet 2019, opérateur et hébergeur de proximité savoyard d’une quinzaine de collaborateurs réalisant 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. Puis il y a eu le Picard Option Service Télécom (27 collaborateurs pour 3,5 M€) et le Provençal PacWan (39 personnes pour 8 M€) en septembre 2019 ; le tarnais Ariane.Network (soixante collaborateurs pour 9 M€) en février dernier et enfin l’annonce la semaine dernière de l’entrée en négociations exclusives avec l’Azuréen Stella Telecom (120 collaborateurs, 15 M€). Opération qui devrait être finalisée dans le courant du mois de juillet – ayant reçu les autorisations réglementaires ce jour.

Point commun de ces sociétés : ce sont tous des opérateurs locaux, qui ont parfois déployé leur propre réseau fibre en local – c’est notamment le cas d’Ariane.Network, qui opérait 800 km de fibre, et de PacWan (200 km) – mais qui n’étaient pas dans une dynamique de couverture nationale. En fédérant ainsi ces opérateurs locaux, Celeste ambitionne de s’imposer comme une alternative à Orange et SFR en constituant un opérateur d’envergure nationale réunissant trois caractéristiques distinctives : l’indépendance, une clientèle exclusivement entreprises et la propriété de son infrastructure.

Trois critères déterminants pour rester dans la course, selon son PDG Nicolas Aubé (photo). « La révolution numérique que sont en train de vivre les entreprises, avec l’adoption généralisée de la téléphonie sur IP, du Cloud, de la visioconférence…, les pousse à passer à la fibre », explique-t-il. La fibre dédiée, entend-il. La plus adaptée à ces nouveaux usages et à l’augmentation constante des besoins en bande passante qu’ils génèrent. Celle que Celeste est justement en mesure de fournir en quantité en tant que propriétaire de son infrastructure (fibre, équipements réseaux et de transmissions). Cette infrastructure, l’opérateur explique y avoir déjà consacré plus de 50 M€ d’investissements à ce jour. Et il devrait encore y consacrer 20 M€ cette année.

Malgré ses 234 points de présence et ses 1600 communes couvertes (dont de nombreuses grandes villes), Celeste est encore loin de couvrir 100% du territoire national. Mais il s’y emploie. Il étend actuellement son réseau au rythme d’une centaine de nouveaux kilomètres par mois. Et Nicolas Aubé se déclare à l’écoute de nouvelles opportunités de croissance externe tout en précisant n’avoir rien de concret sous le coude. Son objectif affiché est d’atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires (soit l’équivalent de 15.000 clients) d’ici à 2023. Un objectif qu’il devrait atteindre avant l’échéance prévue, même sans nouvelle opération de croissance externe, pour peu qu’il renoue avec sa dynamique de 25% de croissance organique d’avant-Covid.

« Le Covid nous a privé de croissance pendant deux-trois mois en stoppant net tous nos déploiements de fibre », regrette Nicolas Aubé. La croissance 2020 risque donc d’être plus faible qu’en 2019. Mais si le Covid devait se remettre à circuler activement, l’activité serait moins impactée fort de l’expérience acquise, estime-t-il.

Pour l’heure, l’opérateur s’emploie à intégrer les sociétés acquises. « L’intégration de Pacwan n’est pas achevée et celle d’Ariane.Network vient à peine de commencer », note Nicolas Aubé. Tous les collaborateurs des sociétés rachetées ont vocation à être intégrés, y compris les dirigeants. « Ces acquisitions sont faites dans une logique de croissance. D’où l’attention portée à la compétence des équipes dans le choix des acquisitions », souligne Nicolas Aubé, qui rappelle que le niveau d’expertise des équipes et leur réactivité sont des critères essentiels de réussite sur la clientèle entreprises.

Autre chantier en cours, la montée en puissance de son réseau de distribution qui compte désormais une centaine de partenaires actifs mais qui ne représente encore que 20% de ses ventes (contre 50% espéré à terme).