Le ministère des Affaires étrangères allemand a décidé d’abandonner Linux et les applications Open Source sur les postes de travail pour revenir à Windows, les réductions de coûts attendues n’étant pas au rendez-vous.

 

Nouveau revers pour Linux sur le poste de travail. Le ministère des Affaires Etrangères allemand (Auswärtiges Amt) a décidé de faire machine arrière et de revenir au monde Windows, révélent nos confrères de h-online.com. Ces derniers s’appuient sur une réponse donnée par le gouvernement à une question posée par le SPD, principal parti d’opposition en Allemagne, sur l’utilisation des logiciels Open Source dans le ministère et dans les autres départements du gouvernement. Selon nos confrères, le ministère a lancé en 2010 un vaste plan de modernisation de son SI qui passerait notamment par l’abandon de l’usage de l’Open Source sur les postes de travail, au profit “de solutions clientes propriétaires standardisées”.

Et pourtant, racontent nos confrères, le ministère des Affaires Etrangères allemand semblait représenter l’archétype d’une migration Linux réussie dans une administration européenne. Après avoir migré ses serveurs vers Linux en 2001, l’administration avait poussé des applications Open Source, comme Firefox et OpenOffice sur le desktop puis installé en dual-boot Linux et Windows. Les outils de mobilité du ministère fonctionnent également sur une distribution Debian. En 2007, l’administration présentait même ce projet comme une vraie réussite, pouvant servir d’exemple aux autres ministères – surtout en matière de réduction des coûts -, et suggérait aux autres ministère de suivre la voie empruntée par les Affaires Etrangères.

Des économies plus si évidentes…

Seulement voilà. Les calculs de 2007 ne semblent, aujourd’hui, plus aussi pertinents. Et selon les réponses fournies par le gouvernement (PDF en allemand), les coûts ont finalement été plus lourds que prévus. La raison ? Tout en admettant la validité de la migration sur les serveurs, le gouvernement pointe du doigt les coûts d’intégration et de développements spécifiques – comme ceux liés aux pilotes d’imprimantes et aux scanners- et ceux liés à la formation. Nos confrères évoquent également des plaintes des utilisateurs concernant une éventuelle pauvreté fonctionnelle et des problèmes d’intéropérabilité. Autrement dit, les sempiternels coûts cachés de l’Open Source que les éditeurs d’outils propriétaires mettent jovialement en avant lorsqu’on aborde la question du logiciel ouvert.

Résultat, en 2011, le Ministère rebasculera sur une solution interimaire basée sur Windows XP et Office (le même Windows XP qui arrive en fin de support chez Microsoft) avant une migration vers Windows 7 et Office 2010. Et ce malgré une n-ième étude McKinsey (le même qui avait justifié la migration vers Linux), concluant que le retour à Windows demandera de nombreux efforts et qu’il présente un réel danger de perte d’expertise. Il aura aussi selon McKinsey un coût considérable en matière de licences et de migration à moyen terme.

 

Une série de revers pour Linux

Le rétro-pédalage du ministère allemand rappelle également la décision de la Mairie de Marseille de standardiser ses postes sous Windows 7 et non pas sous Linux. Elle rappelle aussi l’échec de la migration de la ville de Bristol qui, en septembre 2010 décidait de troquer OpenOffice pour Microsoft Office, jugeant l’application Open Source trop limitée dans les échanges d’informations. L’argument de l’ incompatibilité avec le format Microsoft, utilisé par les partenaires de la municipalité, était notamment l’une des raisons avancées pour l’abandon d’OpenOffice. Mentionnons également le retour à Windows du canton suisse de Soleure en septembre 2010, qui évoquait à son tour, des problèmes d’incompatibilités – en plus de ceux liés à la conduite du changement.

La bonne nouvelle pour les partisans de Linux et des solutions bureautiques libres est que changement rime avec base installée et que nombre des problèmes rencontrés en Europe ne se posent pas à Linux dans les pays émergents, où l’OS libre n’a pas à se coletiner un encombrant historique applicatif Windows/Office, celui qui en général rend les migrations si difficiles dans les pays occidentaux. La mauvaise nouvelle, ironiquement, est que l’exemple du Auswärtiges Amt est un de plus que pourra utiliser Microsoft pour montrer combien il est difficile de lui échapper. Ironie suprême, le seul OS non Windows qui gagne du terrain sur le poste de travail dans les pays occidentaux reste Mac OS X d’Apple. Mais il pose d’autres problèmes, notamment budgétaires, à commencer par la nécessité de remplacer ses PC par des Mac…

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