Sans surprise, le régulateur européen a notifié son objection à la fusion entre Oracle et Sun. L’éditeur a fait connaître sa position. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas très diplomatique.

 

Comme prévu, la Commission européenne a fait part de ses objections concernant l’acquisition de Sun par Oracle. En cause, comme on le sait, la concurrence entre MySQL, qu’Oracle veut conserver dans la corbeille de la mariée, et les autres bases de données du marché. Le régulateur européen attend, avant de fermer définitivement la porte, de connaître enfin les justifications que l’éditeur.

Ces dernières ont été rendues publiques dans une déclaration qui a été communiquée à Bruxelles le 9 novembre. Il n’est pas sûr que sa teneur soit apprécié par la Commissaire Neelie Kroes. Oracle a en effet décidé de ne pas adopté un profil bas. « La position de la commission révèle la profonde méconnaissance de la compétition entre les bases de données et de la dynamique d’open source. Il est parfaitement compréhensible, pour ceux qui s’y connaissent en logiciels open source, que MySQL étant open source, il ne peut être contrôlé par quiconque », peut-on y lire.


Un désaccord qui pourraitse régler devant les tribunaux

Et l’éditeur d’insister, « Oracle et MySQL sont des produits très différents. Il n’y a pas de base législative européenne pour empêcher des entreprises proposant des produits différenciés de fusionner ». Ce qui laisse supposer que la société envisage en cas de désaccord persistant d’entamer une action judiciaire. Le document rappelle d’ailleurs la position du Département américain de la justice, lequel ne s’est pas opposé à la transaction.

Après la menace judiciaire, l’éditeur en appelle à la responsabilité morale et économique de la Commission. « Les clients de Sun, qui approuvent universellement cette fusion, ne bénéficient pas de l’incertitude actuelle. Oracle envisage de s’opposer vigoureusement à la notification d’objection de la Commission. » Et l’éditeur de conclure, « Etant donné l’absence de théorie ou d’évidence démontrant une nuisance à la compétitivité, nous sommes persuadés que la transaction obtiendra finalement un accord inconditionnel. » A voir.