Au mois d’avril, traditionnellement, le pionnier de la virtualisation de stockage organise les Datacore Days. Un événement auquel il convie ses clients et partenaires – ils étaient près de 350 partenaires présents à l’édition 2018 à Chantilly, dans l’Oise – pour présenter les évolutions de son offre et de sa stratégie. Au lieu de cela, l’éditeur s’est contenté cette année d’une conférence de presse à Paris pour présenter sa stratégie et… les futures évolutions de son offre. Car l’éditeur n’avait semble-t-il pas grand-chose de concret à présenter au marché dans l’immédiat. Mais il a promis de grandes avancées pour la prochaine édition des Datacore Days qui se tiendra… les 3 et 4 octobre 2019.

De fait, la stratégie qu’est venu présenter le nouveau PDG Dave Zabrowski, nommé il y a un an, est ambitieuse. Depuis 20 ans, on le sait, Datacore a pour credo l’unification du stockage par le pilotage centralisé des systèmes de stockage existants. Mais jusqu’à présent, l’éditeur s’est toujours limité au stockage primaire (baies de stockage SAN, tiroirs de disques, disques internes…) en mode bloc. Dorénavant, il a pour ambition d’étendre les capacités d’administration de sa console à tous les types de stockage : stockage de classe primaire mais aussi secondaire, stockage en mode bloc mais aussi en mode fichier et objet, stockage sur plateformes physiques mais aussi virtuelles et conteneurisées.

Datacore a annoncé à cet effet une plateforme de services de données (Data Service Platform ou DSP) ayant vocation à gérer l’ensemble du cycle de vie des données, de leur création à leur fin de vie. Cette plateforme est censée fournir tous les services nécessaires à une bonne gestion des données : cryptage, protection, migration, réplication, auto-tiering et archivage. Datacore s’est engagé à fournir également un outil de gestion prédictif (Datacore Insight Services ou DIS) qui permettra d’anticiper les opérations d’entretien et de planification, d’optimiser le stockage et de produire des analyses.

De quoi changer de stature aux yeux des clients et des analystes. Ces derniers, comme Gartner ou WhatMatrix, ont toujours salué la performance et l’efficacité de sa technologie. Mais, en parallèle, ils blâment l’entreprise pour sa relative petite taille (67,3 M$ de CA pour un effectif de 220 personnes) et pour son manque de notoriété. Référencé depuis un an dans le Quadrant magique Gartner dédié aux infrastructures hyperconvergées, l’éditeur est circonscrit à la catégorie des acteurs de niche, Gartner lui reprochant le manque de visibilité de son produit d’hyperconvergence et l’absence d’appliance intégrée au sein de sa gamme.

Un vide sur le point d’être comblé. Datacore ayant en effet confirmé la sortie imminente (pour le début de l’été) d’une appliance hyperconvergée plug and play sur la base d’une plateforme Dell. Datacore n’a en revanche pas dévoilé de feuille de route précise sur la disponibilité de sa plateforme DSP et de ses services associés. Mais, selon Pierre Aguerreberry (photo), directeur des ventes Europe du Sud, l’éditeur s’est donné 18 à 24 mois pour accomplir sa vision stratégique. L’éditeur a annoncé au passage des accords en cours de négociation avec les grands fournisseurs de services Cloud pour héberger sa solution dans leur cloud.

Au plan local, Pierre Aguerreberry a dressé un bilan extrêmement positif de l’activité de Datacore en France. Il explique que les revenus ont progressé de 30% sur l’exercice 2018 (la société a publié un chiffre d’affaires de 5,5 M€ en croissance de 26% − source societe.com) et que le nombre de partenaires certifiés croît de mois en mois, grâce notamment à l’action des grossistes Miel et Exclusive Networks et des équipes commerciales. Datacore revendique désormais 700 architectes solutions certifiés sur son offre et 400 partenaires dont 120 actifs (sur une base mensuelle).