3 milliards de dollars sur les 5 ans à venir pour fabriquer des microprocesseurs à 7 nanomètres, tel est le plan que vient de révéler IBM qui avait annoncé il y a quelques temps vouloir en céder leur fabrication.

IBM veut inventer le microprocesseur de demain, pas le fabriquer, tel est l’un des axes du programme que le constructeur vient d’annoncer. Big Blue avait déjà fait part de son intention de céder ses unités de fabrication de semiconducteurs situés à East Fishkill dans l’état de New York et Burlington dans l’état du Vermont. Parmi les candidats au rachat, le nom de GlobalFoundries pour un montant de 2 milliards de dollars a circulé sans être à ce jour confirmé par IBM lui-même.

GlobalFoundries a été fondé en 2009 quand AMD, l’éternel concurrent d’Intel, a souhaité de se désengager lui aussi de ses activités de fabrication. Elle a des usines en Allemagne, à Singapour et à Albany dans l’état de New York. Selon A Sacconaghi, cité par le New York Times, l’activité semiconducteur représente une perte opérationnelle de 500 M$ sur un chiffre d’affaire de 2,5 milliards de dollars. Cette activité dégage en parallèe un revenu évalué à 400 M$ en droit de propriété intellectuelle (IBM détient plus de 500 brevets dans ces domaines des semiconducteurs).

D’autres entreprises en leu temps avait eu une approche similaire. On se souvient en particulier de la fabless company (entreprise sans usine) d’Alcatel que Serge Tchuruk avait appelé de ses vœux dans les années 2000.

Certaines entreprises semblent développer un tel modèle avec succès. C’est par exemple le cas de Qualcomm qui conçoit et développe des puces pour les équipements mobiles.

Au-delà de ces aspects d’organisation, IBM fait état de projets ambitieux dans les semiconducteurs pour répondre aux défis de demain, au premier rang desquels on s’approche dangereusement des limites physiques de la loi de Moore. Alors que les fabrications actuelles utilent des procédés de 22 nm, IBM vise les 7 nm d’ici à la fin de la décennie en passant par 14, puis 10. Aller au-delà des 7 nm – une dimension qui représente quelques atomes – poserait des problèmes de conception et de fabrication et n’apporterait plus les gains de performance escomptés.

Depuis les premiers microprocesseurs, le silicium est le matériau qui domine largement mis ce regne devrait s’achever. IBM présente alors des composants et des architectures de substitution sur lesquels elle tavaille et qui permettrait de répondre aux besoins de l’informatique de demain, notamment le cloud et le big data.

Parmi les alternatives qui se pointent à l’horizon, IBM cite les suivantes :

– L’information neurosynatique (Neurosynapting Computing) qui se situe au croisement des nanosience, des neurosciences et de l’informatique HPC. IBM a notamment développé une architecture différente de celle conçue par Von Neumann (IBM veut rapprocher l’informatique du cerveau humain). A terme, IBM a fait part de son projet de construire un système intégrant 10 milliards de neurones et des milliers de milliards de dollars ;

– La photononique au silicium : ces composants sont fabriqués avec du silicium (CMOS) mais utilisent le mode de communication optique ;

– Les composés III-V qui comprennent des matérieux très divers comme l’aréniure de gallium ;

– les nanotube de carbonne qui offrent la double qualité d’une excellente conductivité themique et électrique ;

– Le Graphène dont le coût de production est encore exhorbitant mais qui possède aussi des propriétés incomparables de solidité et de conduction thermique.

 

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