Le Groupe Smile et l’école d’ingénieurs EPSI annoncent l’ouverture d’Open Source School (OSS), une école d’enseignement supérieur dédiée aux technologies open source. Cette école accessible en formation initiale aux Bac+2 propose un cursus Bac+5 en alternance sanctionné par un titre classé niveau 1 au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Il sera dispensé dans six campus (à Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes et Paris). 25% de l’enseignement d’OSS sera porté par l’EPSI et les 75% restants par les professionnels de l’open source.

Grégory Becue, directeur associé de Smile et porteur du projet, indique viser 120 étudiants la première année (la rentrée est prévue en septembre) et plus de 500 à la rentrée de 2018 (en cumulant les trois promotions). Une première promotion test (5 étudiants à Lyon et 7 à Montpellier) a démarré en octobre dernier.

Des cursus de formation continue pour adulte sont également proposés. Ils sont assurés par un organisme agréé, l’Open Source School Executive Education, créé pour l’occasion. Sur-mesure, ces cursus s’appuient sur un catalogue de plus de 200 formations professionnelles existantes (qui s’enrichira avec le temps) et pourront s’inscrire dans le cadre des dispositifs de reconversion et de retour à l’emploi (POE) existants. Là encore les objectifs de l’OSS sont ambitieux avec un volume de 5.000 jours/hommes annuels facturés à l’horizon 2018. À noter que les modules validés dans le cadre de la formation continue sont également valables pour la formation initiale via le système des crédits ECTS.

Cette initiative répond à une attente forte du marché : la filière française du logiciel libre, qui pèse plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France – soit 13% de l’ensemble de marché national des logiciels et services IT – et croît de plus de 10% par an – soit 5 fois plus vite que l’ensemble du secteur IT –, se plaint d’un déficit de compétences récurrent. Dans une étude réalisée pour le compte de CNLL (Conseil National du Logiciel Libre), Pierre Audoin Consultants estime à 4.000 le nombre de professionnels nécessaires aux entreprises françaises pour satisfaire les nouveaux besoins en open source chaque année (sur un total de plus de 50.000 salariés travaillant déjà dans la filière, dont 10% dans les 400 à 500 entreprises spécialisées). Or, une étude du Fafiec citée par Grégory Becue, estime à 84% le nombre de personnes travaillant dans l’open source qui se sont formées sur le tas. Le besoin d’une école est donc bien présent.

De fait, deux jours après l’annonce de sa création, l’OSS comptabilise déjà 300 demandes d’information de la part d’étudiants et une cinquantaine de demandes d’entreprises potentiellement candidates à l’accueil d’un alternant, dont beaucoup qui ne sont pas identifiées comme appartenant directement à l’écosystème open source (en l’occurrence des clients finaux ou des sociétés de services numériques). Grégory Becue estime ainsi entre 1.000 et 2.000 le nombre d’entreprises susceptibles d’accueillir à terme des alternants issus de l’OSS, soit beaucoup plus que les 300 membres du CNLL. « La difficulté n’est pas de placer les étudiants en entreprise mais de les convaincre de suivre le cursus de de l’OSS », ajoute-t-il.

L’OSS a fait en sorte de s’assurer de la caution de l’écosystème open source en impliquant un certain nombre de ses entreprises représentatives : Acquia, SensioLabs, Jahia, Red Hat, Talend, Alter way, Akeneo, Abilian, OW2, Open Wide. Qualifiées de partenaires-fondateurs, ces entreprises sont regroupées au sein d’une commission dite partenaires qui a pour rôle de valider les bilans pédagogiques et d’employabilité et de donner son avis sur les grandes décisions stratégiques de l’école. Les partenaires-fondateurs se sont également engagés à accueillir des alternants de l’école dans leurs rangs et à intervenir dans l’enseignement.

L’OSS est également soutenue par l’Etat qui lui a accordé une subvention de 1,4 M€ dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). Une somme qui sera consacrée au financement sur trois ans de supports de cours (150 prévus) et de MOOC (une dizaine). Précision importante, ces ressources financées par l’Etat seront distribuées sous licence Creative Commons afin d’être partagées par le plus grand nombre.