Que compte faire C’Pro de Noeva ? Le groupe est resté flou sur ses intentions lors de l’annonce fin avril de sa prise de participation majoritaire dans l’intégrateur niçois. Et pour cause, à deux semaines de la finalisation de l’opération, C’Pro n’a pas encore de stratégie arrêtée sur la manière dont il va intégrer son acquisition. Trois options s’offrent à lui. Rapprocher Noeva de l’une ou l’autre de ses deux filiales IT historique, C’Pro Informatique et Quadria, ou en faire un bloc autonome qu’il s’agira de faire grossir par croissance externe à l’échelle du quart Sud-Est de la France.

« Il y aura une phase d’observation, expose Gilles Perrot, directeur général de C’Pro et président de Quadria. On ne décidera rien avant d’avoir réfléchi. On n’a pas d’idées préconçues. On apprend à travailler ensemble ». Car, si le PDG de C’Pro, Pieric Brenier, celui de Noeva, Philippe Charmasson – qui reste au capital de Noeva à hauteur de 15% – et Gilles Perrot se connaissent parfaitement pour se côtoyer depuis 25 ans au sein du groupement Euralliance’s, ils étaient jusque-là chacun maître de leur stratégie dans leurs entreprises respectives. Désormais, ils doivent s’accorder sur une organisation et des objectifs communs.

« Ce qui est important pour C’Pro, c’est de grossir et d’acquérir des compétences, poursuit Gilles Perrot. En l’occurrence, Noeva est très orienté infrastructures IT alors que Quadria est proportionnellement plus tourné vers les postes de travail ». L’intérêt de Noeva pour C’Pro, c’est aussi sa solide implantation en région Provence-Côte-d’Azure, dont C’Pro est totalement absent. De son côté, Noeva a préféré s’inscrire dans le cadre d’un adossement industriel plutôt que financier.

« Mais pour l’instant, on ignore si Noeva est plus proche du fonctionnement d’un C’Pro Informatique, orienté secteur privé sur des entreprises de moins de 250 salariés, ou de celui d’un Quadria, plutôt orienté secteur public sur des marchés de volumes à destination de grandes organisations, confesse Gilles Perrot. D’une manière générale, on hésite encore sur la façon d’organiser l’activité IT du groupe. A-t-on intérêt à privilégier une logique géographique, comme c’est le cas pour l’activité impression, ou une logique métier ? » Définir une stratégie lisible pour l’activité IT sera d’ailleurs l’un des enjeux du plan stratégique que le groupe prépare pour la période 2020-2024.

D’ici là, C’Pro devrait poursuivre son train d’enfer en matière d’acquisitions. « On vise six à douze opérations sur l’exercice en cours, soit l’équivalent en cumulé de 10 M€ d’Ebitda supplémentaires », détaille Gilles Perrot. Depuis le 1er avril, le groupe a déjà sept opérations à son actif (Burocom, ABI Groupe, Aisne Bureautique Systèmes, AA Bureautique, Fraisse Bureautique, Omniburo, et Noeva) pour un chiffre annuel d’affaires cumulé de l’ordre de 50 M€ (dont la moitié pour Noeva). Et trois lettres d’intention dans le domaine de l’impression sur le grand Est et Rhône-Alpes pour 20 M€ de chiffre d’affaires supplémentaire sont d’ores et déjà signées pour des opérations qui seront annoncées après l’été.

En revanche, pas de nouvelle opération signée dans l’IT pour l’instant, même si Gilles Perrot, qui consacre 50% de son temps à la croissance externe, assure être sur plusieurs gros dossiers sérieux.

S’il n’a pas encore signé de nouveau dossier IT, Gilles Perrot ne manque pas de sujets de satisfaction. À par les très bons résultats de Quadria, qui a clôturé son exercice fin mars sur un chiffre d’affaires de 110 M€ en croissance de 15% (en pur organique). « C’est la quatrième année consécutive de croissance à deux chiffres pour Quadria », se félicite Gilles Perrot. Et il se montre encore très optimiste pour l’exercice en cours. « Le marché reste orienté favorablement autour de 3 à 4% de croissance. Du côté de Quadria, on sent une demande accrue. Adossé à C’Pro, la société apparaît de plus en plus crédible. Cela lui permet d’accéder à des marchés plus conséquents. » De quoi continuer à croître plus rapidement que le marché, en somme. Avec Infocentre, avec lequel il a fusionné au 1er avril, Quadria devrait atteindre les 125 M€ sur l’exercice 2020.