Figure de proue de l’écosystème Divalto, Groupe Ténor a demandé et obtenu son placement en redressement judiciaire fin juillet. Profitable mais confronté à un mur de dette mettant en péril sa solvabilité future, l’intégrateur a choisi de se mettre par anticipation sous la protection du tribunal de commerce pour restructurer sa dette et garantir sa pérennité à long terme.

Créé en 2013, le groupe s’est développé sans écueil par rachats successifs jusqu’en 2019. Des opérations financées par endettement bancaire. Parti de 300 K€ la première année, le groupe est parvenu à tangenter les 16 M€ chiffre d’affaires six ans plus tard en maintenant toujours une exploitation profitable. Une croissance qui lui a permis de se hisser à la place d’intégrateur numéro un de l’éditeur Divalto.

Mais la crise sanitaire l’a fait dévier de sa trajectoire. Les confinements se sont traduits par une baisse conséquente de ses revenus et des pertes en 2020. Groupe Ténor a depuis rétabli sa profitabilité mais n’a jamais été en mesure de récupérer le chiffre d’affaires perdu, les facturations culminant depuis autour 10-11 M€.

L’une des raisons de cette perte de revenus : la transition des clients vers le Cloud. « Du jour au lendemain, tous les clients ont voulu passer au modèle SaaS et plus aucun dossier on prem’ ne s’est signé », témoigne Nizar Alachbili, président du groupe. Conséquence : il a fallu investir d’urgence dans des capacités d’hébergement tout en se passant de la trésorerie apportée par le négoce des serveurs et des licences. Autant de nouveaux besoins à financer dans un contexte déjà rendu compliqué par les décalages de chiffre d’affaires.

Dans cette situation, les actionnaires du groupe ont bien songé à ouvrir le capital à un fonds d’investissement. Une piste d’autant plus crédible que le groupe avait déjà eu des appels du pied dans ce sens en 2019. Mais, malgré ses efforts pour simplifier la structure juridique du groupe et malgré l’intérêt suscité par son dossier, sa tentative de levée de fonds s’est heurtée à la réalité de la remontée des taux d’intérêts qui a considérablement impacté le volume des opérations et les montants levés.

D’où la procédure collective en dernier recours, seul moyen de contraindre ses créanciers à négocier. Nizar Alachbili précise que le groupe n’est pas en défaut de paiement et que son exploitation est positive. « L’intention n’est pas de cesser l’activité mais de préparer un plan de relance qui permette de rééchelonner la dette. L’équipe dirigeante est pleinement mobilisée sur cet objectif », indique-t-il. Rendez-vous dans cinq mois donc, à l’issue de la période d’observation, pour savoir si le tribunal valide la poursuite d’activité.