Après avoir hissé en cinq ans sa filiale Armide au rang de premier intégrateur Divalto, le Groupe Ténor s’attache désormais à diversifier ses activités et à se doter d’une dimension européenne.

L’histoire du groupe Ténor commence fin 2012 avec le rachat d’Armide, un petit intégrateur Divalto, par l’un de ses anciens salariés, Nizar Alachbili. À l’époque, Armide ne compte que trois salariés et réalise à peine 300 K€ de chiffre d’affaires annuel, essentiellement en sous-traitance. Dès lors, Armide multiplie les opérations de croissance externe.

En 2015, l’intégrateur reprend les activités Divalto d’Adensis (500 K€) et sa filiale Aditem (700 K€). En 2016, il rachète les intégrateurs Eutersoft (340 K€) et l’activité Divalto de Bolka IT (environ 250 K€). En 2017, il avale par fusion-absorption son concurrent Alizée Informatique et sa filiale Inforquin, qui pèsent ensemble près de 3 M€. Maxime Voirin, Pdg du groupe Alizée, rentre au capital et prend la présidence exécutive du groupe Ténor, la holding créée à l’occasion de ce rapprochement.

Les 10 M€ de chiffre d’affaires en vue cette année pour Armide

Le processus de consolidation se poursuit en avril dernier avec la reprise de l’activité Divalto du groupe Diagonal’ (1 M€), racheté quelques mois plus tôt par Calliopé. Ces opérations successives ont permis à Armide de porter son volume d’affaires à environ 7 M€ en 2017 (à périmètre constant) et de viser 10 M€ en 2018. Toutes ces opérations ont été réalisées sur fonds propres combinés à de l’endettement bancaire.

L’apparente facilité avec laquelle Nizar Alachbili a fait grossir son fonds de commerce ne manque pas d’étonner. Le Pdg attribue sa réussite à sa capacité à redresser rapidement les comptes des sociétés rachetées en les alimentant en nouveau business. Les bilans sont à ce point excédentaires que l’endettement global du groupe ne dépasserait pas un an d’Ebitda, selon son Pdg.

Confiant dans sa méthode et soucieux de répondre aux besoins exprimés par ses clients, Nizar Alachbili a décidé fin 2017 de s’engager dans un processus de « diversification cohérente » en passant d’une stratégie orientée produit à une stratégie orientée solution. « On ne souhaite plus seulement se positionner comme intégrateur monomarque mais adresser les problématiques globales de transformation numérique des entreprises », explique-t-il. Un nouveau credo qui l’a d’ores et déjà conduit à investir dans l’édition de logiciels métiers et sectoriels, le négoce d’infrastructures, l’infogérance, le digital et l’hébergement.

Une diversification dans les infrastructures et l’édition de logiciels

Fin 2017, le groupe s’est ainsi emparé de SNO (Société Nouvelle Ordicars), éditeur d’un logiciel métier pour les autocaristes réalisant 1,25 M€ de chiffre d’affaires. Le mois dernier, il a annoncé l’acquisition des activités infrastructures et digital de la société parisienne Louis 21. Deux activités pesant respectivement 1 M€ et 1,85 M€. Et Groupe Ténor vient de clôturer l’acquisition d’un intégrateur bourguignon réalisant 3,5 M€ de chiffre d’affaires annuel dans la vente et les services d’infrastructures, l’infogérance et les services d’hébergement. L’opération ne sera dévoilée officiellement que dans les prochains jours.

Pour orchestrer cette stratégie visant à positionner le groupe comme un acteur global de l’accompagnement des entreprises dans leurs projets de transformation digitale, décision a été prise de muscler les équipes opérationnelles en recrutant un directeur général groupe. Une fonction confiée à Vivian Apesteguy, ex-secrétaire général du groupe Emplitude, principal concurrent d’Armide. Des postes de directeur commercial groupe et de directeur des comptes clés groupe sont également à pourvoir. Ils seront chargés du suivi opérationnel des clients et de coordonner les interventions des différentes entités du groupe.

Le métier de l’intégration Dynamics en ligne de mire

Groupe Ténor est également en cours de finalisation de deux acquisitions majeures en Espagne (où Armide compte une filiale depuis 2013). L’une est un éditeur d’ERP et l’autre un intégrateur Microsoft Dynamics. Les deux sociétés réalisent chacune 5 M€ de chiffre d’affaires avec une cinquantaine de collaborateurs. Et Nizar Alachbili ne cache pas être à la recherche de nouvelles opportunités, notamment dans l’intégration Dynamics et l’édition de logiciels métiers. « On souhaite s’appuyer sur l’acquisition de cette activité Dynamics en Espagne pour constituer un groupe européen sur ce métier », expose-t-il.

Ces différentes opérations devraient porter le chiffre d’affaires du groupe sur une tendance de l’ordre de 17 à 18 M€ sur l’exercice 2018 (en tenant compte des périmètres des acquisitions clôturées) avec un effectif de 160 collaborateurs et sur 30 à 35 M€ en 2019 (en tenant compte des acquisitions en cours). Un chiffre d’affaires plus très éloigné de l’objectif de 50 M€ que le groupe s’est fixé à l’issue de l’exercice 2020.