L’opérateur breton entend participer activement au mouvement de consolidation qui agite le monde des télécoms mais certainement pas en tant cible. Pour se donner les moyens de ses ambitions, la société vient de lever 20 millions d’euros en dette et en capital auprès du fonds CM-CIC Investissement avec la participation de Bpifrance. C’est la quatrième levée de fonds pour Bretagne Télécom, en 13 ans d’existence.

La société ne précise pas sur la base de quelle valorisation s’est effectuée cette levée de fonds. Mais son PDG Nicolas Boittin, qui contrôle toujours plus de 80% du capital, évoque un multiple du résultat d’exploitation comparable à ceux payés par Bouygues et Iliad pour Keyyo et Jaguar Network (soit entre x10,5 et x13). Bretagne Télécom figure parmi les opérateurs alternatifs de taille moyenne avec un chiffre d’affaires de 18 M€ en 2018, en croissance de 20%, et un effectif de 70 personnes.

Cette manne de 20 M€ est en partie destinée à financer des opérations de croissance externe. L’opérateur a mandaté des intermédiaires financiers pour lui présenter des cibles potentielles en région. Il cherche plus particulièrement des installateurs privés ou des revendeurs informatiques dont il pourrait migrer les parcs clients sur son infrastructure Cloud. Il s’intéresse également à des activités connexes, telles que la sécurité (notamment le contrôle d’accès) ou l’intégration d’ERP.

Bretagne Télécom a déjà mené une telle opération à bien en rachetant en 2017 l’installateur privé toulousain Prophone, une société de 15 personnes, réalisant 1 M€ de chiffre d’affaires annuel, partenaire d’Aastra/Mitel. « En peu de temps, nous sommes parvenus à les convertir à nos environnements cloud centrex », assure Nicolas Boittin. Une migration effectuée sans trop de difficultés, du moins sur la partie téléphonie. Car il lui a été plus difficile d’insuffler à son acquisition sa culture IT. Il a fallu en passer par le recrutement de deux ingénieurs commerciaux issus du monde de l’hébergement pour que la greffe commence à prendre.

Mais l’opérateur ne néglige pas la croissance interne. D’autant que les dossiers vraiment intéressants sont rares, convient Nicolas Boittin. Il prévoit ainsi d’ouvrir des agences et de renforcer les effectifs de ses agences existantes, notamment à Paris, où il compte déjà une dizaine de personnes, à Nantes, où il prévoit de porter rapidement l’effectif de trois à dix personnes, et à Toulouse, où ils devraient être vingt rapidement.

Bretagne Télécom espère doubler son effectif total d’ici à deux ans. Le chiffre d’affaires devrait poursuivre sa croissance sur un rythme de 20% par an, dopé notamment par son activité d’hébergement et d’infogérance IT. Cette activité représente environ un tiers de ses revenus actuels. Mais elle est appelée à devenir prépondérante.