L’ancienne filiale d’Alcatel est en plaine forme. Elle a terminé son exercice fiscal 2021 sur un chiffre d’affaires en croissance de 8,5%, à 252 M€. Son résultat net augmente dans les mêmes proportions à 8,6 M€.

Sa croissance a notamment été tirée par le rebond de ses activités de communication et de collaboration lié à « l’augmentation des connexions à distance des entreprises qui a suivi les confinements de 2020 », expose Jean-Maurice Fritsch, président de NXO. Cette recrudescence d’activité s’est doublée d’une « hausse assez forte des projets de remise à niveau des infrastructures réseaux pour supporter la hausse de la volumétrie des communications à distance ». Enfin, l’augmentation des attaques a déclenché une « forte augmentation des besoins en cybersécurité ».

Cette recrudescence des besoins des entreprises en matière de communication et de collaboration à distance et en matière de sécurité s’est traduite pour NXO par le développement d’un certain nombre d’offres et de services. C’est notamment le cas de sa plateforme SBC (session border controller) mutualisée, qui permet à ses clients de téléphoner en toute transparence via Microsoft Teams (ou avec Cisco Webex ou encore Alcatel Rainbow). Cette offre compte une cinquantaine de clients.

NXO a également vu ses infrastructures cloud mutualisées hébergeant les plans de reprise et de continuation d’activité ou même les sauvegardes de ses clients se développer rapidement. Autre grosse croissance : celle de son service SD-WAN managé, basé sur les technologies de Fortinet, Versa Networks et Cisco. Enfin, l’intégrateur a enregistré une forte poussée de la demande sur ses activités de cybersécurité, qui vient de déboucher sur la mise en service d’un SOC externalisé motorisé par l’EDR Cortex de Palo Alto.

Pour NXO, l’année 2021 aura aussi été marquée par son changement d’actionnaire en septembre. Alors que l’entreprise n’était pas à vendre, Butler Industries, son actionnaire depuis 2015 – qui l’avait reprise à la barre du tribunal – a reçu une offre du numéro quatre français du BTP, le groupe Fayat, avec lequel il s’était associé sur certains appels d’offres du Grand Paris.

À l’instar de ses concurrents Eiffage, Vinci ou Spie, celui-ci souhaitait développer son expertise numérique, ayant constaté que le numérique pénétrait déjà la plupart de ses métiers traditionnels : bâtiment, travaux publics, énergie…

Fayat ne part pas de zéro en la matière. Il est déjà actif dans le contrôle d’accès, la gestion de réseau d’éclairage, la gestion des eaux usées et des réseaux hydrographiques, les systèmes OT, le bâtiment intelligent, le comptage de véhicules, la gestion de trafic, la détection de covoiturage ou la gestion intelligente du stationnement via ses filiales Semeru et Fareco. Autant de domaines d’intervention dans lesquels les compétences de NXO en matière de réseaux IP et de sécurité devraient être d’un grand intérêt.

La transaction a été rapidement conclue pour une centaine de millions d’euros. NXO a ainsi rejoint la division Énergie Services du groupe, qui compte désormais 5.400 collaborateurs avec les 1.200 de NXO. L’intégrateur réseau a donc vocation à rechercher des synergies avec les autres filiales du groupe en mettant ses compétences à leur disposition. Mais il conserve son autonomie opérationnelle et son équipe dirigeante a été confirmée.

Pour NXO, ce changement d’actionnaires est surtout l’opportunité de se positionner sur des marchés de plus grande envergure, à la taille du groupe Fayat et de ses 4,5 milliards de chiffre d’affaires.

Pour l’exercice en cours, Jean-Maurice Fritsch craint une érosion de la croissance de NXO, non pas à cause de la baisse des commandes, toujours en forte hausse, mais en raison des délais d’approvisionnement, toujours compris entre 6 et 12 mois, qui ont tendance à retarder les projets et risquent de décaler une partie du chiffre d’affaires attendu sur l’exercice 2023.