Connexing est un revendeur d’équipements de téléphonie, réseaux et informatiques pas comme les autres. Son credo, c’est le matériel green IT. Cette société nantaise de 45 personnes a en effet bâti une partie de son modèle économique sur le recyclage. Elle tire 40% de ses quelque 16 M€ de revenus annuels (prévisionnel à fin juin 2019) de la reprise de matériels qu’elle fait réparer et qu’elle remet ensuite en circulation avec une garantie de 18 mois. Ses marques de prédilection sur le matériel recyclé sont Alcatel, Mitel, Avaya, Cisco… et Apple (pour les smartphones).

Hubert Poupelin, directeur marketing – associé Connexing

Mais n’allez surtout pas comparer Connexing à un broker. « Les brokers traditionnels revendent quasiment en l’état les matériels qu’ils reprennent alors que nous prenons en charge leur éco-recyclage, expose Hubert Poupelin, son directeur marketing associé. Les matériels repris par Connexing sont confiés à des recycleurs qui les remettent en état, les reconditionnent et les stockent pour son compte. Le revendeur est très exigeant quant à leur prestation. « Nos réparateurs sont certifiés et sont soumis à une charte de qualité. Par exemple, ils n’utilisent que des solvants écologiques et des emballages de carton brut ».

Pragmatique, Connexing ne se contente pas de vendre que du recyclé ou du reconditionné. « On n’est pas des Ayatollahs de l’écologie, s’amuse Hubert Poupelin. Il est important d’offrir un large choix de matériels neufs car cela donne plus d’attrait à l’alternative recyclée. On a l’habitude de dire qu’on nous achète du neuf mais qu’on vend du recyclé ». Connexing tire ainsi 60% de ses revenus de la revente de matériel neuf ou de services managés. Ses principales marques sur cette activité sont Jabra, Alcatel-Lucent et Samsung.

Des valeurs sociales et environnementales qui imprègnent l’ensemble de ses activités

Mais, même lorsqu’elle vend du matériel neuf, la société ne perd pas de vue ses valeurs sociales et environnementales. D’abord en privilégiant les marques à l’impact environnemental le moins élevé possible. « On ne fait que les meilleures les marques. Celles dont la fiabilité est éprouvée, qui ont une véritable politique SAV, assurent l’approvisionnement en pièces détachées et limitent les ruptures technologiques sur leurs produits », assure Hubert Poupelin.

Le revendeur se fait aussi un devoir d’associer ses clients à sa démarche green IT. Pour chaque téléphone acheté ou repris, Connexing finance la plantation d’un arbre à Madagascar par l’intermédiaire de l’ONG Planète Urgence. De même, pour toute commande de plus de 1.500 €, la société contribue au financement d’une heure de soutien scolaire au profit de l’ONG SOS villages d’enfants. Connexing s’enorgueillit ainsi d’avoir déjà contribué à planter 130.000 arbres et à financer 6.000 heures de soutien scolaire en cumulé.

Ses préoccupations sociales et environnementales sont devenues de véritables arguments de vente pour le revendeur. Car, non seulement ses matériels recyclés sont porteurs d’économies substantielles pour les clients – la société communique sur 20 à 50% d’économies par rapport à des équipements neufs équivalents – mais Connexing leur permet de soigner leur bilan RSE en leur fournissant des certificats détaillant les équivalents CO2 qu’ils ont économisé en recourant à ses services. Du coup, le revendeur s’est fait une spécialité de démarcher les directions développement durable des entreprises pour en faire ses ambassadeurs auprès des directions informatiques et achats. Connexing estime ainsi qu’un tiers de ses revenus sont influencés par les responsables développement durable de ses clients.

Des initiatives managériales inspirées de la mouvance de l’entreprise libérée

Ses préceptes, Connexing se les applique aussi en interne avec notamment la mise en œuvre d’un baromètre de la qualité de vie au travail dans la mouvance de l’entreprise libérée, la mise en place d’une grille de rémunération définie par les salariés, le financement d’un congé solidaire annuel, la généralisation (récente) du télétravail pour tous les salariés (2 jours par semaine) et un projet de transformation en entreprise à mission…

Ces initiatives avant-gardistes ne semblent en tout cas pas brider le développement de l’entreprise, qui revendique une croissance annuelle de son chiffre d’affaires comprise entre 15 et 20%. Sur l’exercice en cours (qui s’achève fin juin), la croissance viendra principalement de ses activités de reprise/recyclage et de ses offres de mobilité et de collaboration (smartphones, casques, équipements de salles de réunion). Son activité historique autour de la téléphonie, qui représente encore 50% de ses revenus, sera stable. Installée à Saint-Herblain (dans l’agglomération nantaise) et présente via des filiales en Belgique et en Italie, l’entreprise affiche surtout une profitabilité honorable (EBE autour de 2% du chiffre d’affaires) et s’autofinance.

D’ici à juin, l’entreprise prévoit d’élargir son offre produits en passant de 3.000 à 10.000 le nombre de références livrables sous 48h00 à partir de son site web. À moyen terme, l’entreprise envisage d’ouvrir des filiales dans tous les grands pays européens (notamment en Allemagne, en Pologne, en Suisse, en Espagne et au Portugal) et de se positionner en leader européen du green IT.