Selon le Journal du Dimanche, des discussions en vue d’un rapprochement entre Bouygues et Orange devraient démarrer à la mi-janvier avec pour objectif un accord dans les trois mois.

Rien ne devrait toutefois filtrer des négociations, les deux entreprises – qui ont refusé de commenter l’information – auraient en effet signé un accord de confidentialité pendant les fêtes de fin d’année. C’est du moins ce qu’a indiqué à nos confrères un informateur se présentant comme au coeur des négociations. “Les équipes s’entendent bien, les discussions avancent, on saura vite si on va au bout. Il n’y a pas d’obstacles pour le moment”, a précisé ce dernier.

Contrairement à ce qu’affirme le Canard Enchaîné dans sa dernière édition, TF1 ne ferait pas partie des négociations. Selon l’hebdomadaire satirique en revanche l’opération serait téléguidée par l’Elysée qui souhaiterait que l’Etat, actionnaire d’Orange, entre au conseil d’administration de la chaîne en vue des présidentielles de 2017.

D’après le JDD, le rachat de Bouygues Telecom par Orange se ferait sur la base d’une valorisation de 10 milliards d’euros, un montant identique à celui proposé par Patrick Drahi en juin dernier. Mais à la différence de l’offre du tycoon des télécoms, l’opération permettrait à Bouygues d’entrer au capital de l’opérateur. Huit milliards d’euros seraient en effet versés en actions, ce qui permettrait à Bouygues de détenir 15% du capital d’Orange. De son côté, la participation de l’Etat dans l’opérateur historique, qui est aujourd’hui de 23%, glisserait un peu au dessous de la barre des 20%.

Le nouvel ensemble pèserait plus de 50% du marché de la téléphonie dans l’Hexagone. Pour obtenir le feu vert des régulateurs, certains actifs devraient donc être cédés aux deux autres opérateurs. Selon le JDD, Orange pourrait demander à Free d’acquérir tout ou partie des 600 boutiques de Bouygues. On voit toutefois mal Xavier Niel remettre la main à la poche après avoir dépensé récemment plus 932 millions d’euros pour acquérir des blocs de fréquence mobile dans la bande des 700 MHz. D’autant que Free n’a pas vraiment besoin de ces boutiques et que l’Etat aurait fait déjà savoir qu’il était opposé à tout licenciement dans le cadre de l’opération. Selon l’hebdomadaire dominical, Orange se serait d’ailleurs engagé à ne pas tailler dans les effectifs de Bouygues.

L’obstacle le plus difficile à franchir se situe toutefois à Bruxelles. La commissaire européenne à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, préfère en effet les rapprochements avec des acteurs étrangers aux fusions entre entreprises nationales.

Rappelons que les syndicats et les associations de consommateurs sont opposés à une consolidation à trois opérateurs car ils craignaient que celle-ci aboutisse sur une augmentation de la facture du client.