Smile annonce sa seconde opération significative de croissance externe depuis le suisse Virtua en janvier avec l’acquisition de l’agence digitale Adyax. Spécialiste du CMS open source Drupal, Adyax emploie près de 350 personnes, et prévoit de réaliser 15 M€ de chiffre d’affaires cette année.

Cette acquisition s’inscrit parfaitement dans la stratégie de développement de Smile, explique Marc Palazon, président de la société de services spécialisée dans les technologies open source : « avec Adyax nous cochons pas mal des cases du plan stratégique défini l’année dernière avec l’entrée au capital de la société d’investissement Eurazeo PME en mai 2017 ». Un plan caractérisé par cinq grands axes de développement : les méthodes agiles, l’international, le conseil stratégique, les grands comptes et l’élargissement de son portefeuille d’offres et d’expertises.

Adyax permet à Smile de se renforcer sur au moins quatre de ces points. Sur le plan de l’agilité d’abord : Adyax travaillant d’ores et déjà en « full agile », selon les termes de Marc Palazon. Sur le plan des grands comptes ensuite. Comptant une quarantaine de clients actifs, Adyax travaille majoritairement avec des grands comptes, parmi lesquels LVMH, Disney, Saint-Gobain, Carrefour, Valeo… Marc Palazon note au passage peu de recoupements entre les clients d’Adyax et ceux de Smile.

Troisième axe, Adyax permet à Smile de renforcer sa valeur conseil. « Adyax a enclenché ce mouvement depuis trois ans en formant des équipes spécialisées UX, UI (expérience et interface utilisateur) et stratégie pour accompagner ses clients sur les nouveaux usages, les designs et les ergonomies innovantes », détaille Marc Palazon. Adyax coche également la case international. Basée à Paris, la société est implantée en Ukraine et en Pologne mais, surtout, elle travaille et communique en interne en langue anglaise. Avec Adyax, Smile revendique désormais près de 600 collaborateurs tournés vers l’international.

Cette opération permet opportunément à Smile d’accomplir un pas significatif vers l’objectif des 200 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans que la société s’est fixée l’année dernière. Combiné à une croissance organique qui reste forte (autour de +20% attendu cette année), le rachat d’Adyax devrait permettre à Smile d’atteindre 115 M€ de chiffre d’affaires sur l’exercice 2018, soit +35% par rapport aux 84 M€ de l’année dernière et +100% par rapport à son chiffre d’affaires 2015 (avant le rapprochement avec Open Wide). L’effectif, qui approchait déjà les 1.200 collaborateurs fin 2017, devrait culminer à 1.700 personnes à la fin de l’année.

La prochaine étape pour Marc Palazon va être de réussir l’intégration d’Adyax – qui était jusqu’à présent un de ses concurrents – en faisant en sorte de « créer de la valeur et de conserver le rythme de croissance organique du groupe ». Dans un second temps, Smile se mettra en quête de nouvelles cibles susceptibles de l’aider à renforcer son expertise sur ses technologies (open source, PHP, Java et Python) et ses métiers (conseil, agence digitale, formation, développement et intégration, maintenance et infogérance) et surtout d’élargir sa couverture à l’échelle européenne.

« Tout l’enjeu du groupe va être désormais de grossir chez ses clients grands comptes en prenant en charge un plus large spectre de besoins et en faisant converger ses différentes expertises (comme par exemple entre l’embarqué et le digital) », nous confiait Marc Palazon l’année dernière au moment l’entrée au capital d’Eurazeo PME. Un enjeu qui reste pleinement d’actualité.