Les créanciers contre-attaquent


Ares a d’autant plus besoin de cash que la société pourrait avoir à rembourser plus de passif que prévu. Certains créanciers ont en effet déposé des recours devant le Tribunal de Commerce pour que celui-ci réintègre dans le plan d’apurement de la dette de la société les créances qu’elle a contestées dans le cadre de la procédure de circularisation de son passif. Les premières audiences auront lieu fin septembre.

Un observateur qui connaît bien le dossier note ainsi que la société a contesté 63,9 M€ de créances, soit autant qu’elle en a reconnu (65,4 M€). « Le taux de contestation atteint donc près de 50% contre environ 15% en moyenne dans les cas comparables », juge notre connaisseur. Ce dernier estime qu’Ares a au final minoré sa dette de 36 M€, ce qui représente une exposition de 9 M€ supplémentaires pour la société si elle devait perdre ses contestations (les créances étant payées 25% pour solde de tout compte selon le jugement du Tribunal de Commerce d’Evry du 30 mars dernier).

Des actionnaires historiques qui jettent l’éponge


Pendant ce temps, les actionnaires historiques continuent de vendre. Au 24 juillet, le fonds d’investissements Assya Participations, qui détenait 23,8% du capital d’Ares avant l’augmentation de capital (AC), n’en détenait plus que 6,9%. Le fonds a en effet été contraint de se séparer de la plus grande partie de ses actions pour financer sa part de l’AC comme il s’y était engagé.

De même, Michel Berjamin, l’actuel PDG à la tête de 3,53% du capital avant l’AC, s’est séparé de 16% de son portefeuille d’actions et d’une bonne partie de ses bons de souscriptions d’actions (BSA). Et Manco, société regroupant une douzaine de managers d’Ares, dont Michel Berjamin, et détentrice de 8,8% des parts avant l’AC, a cédé plus de 1,2 million de BSA.

Un putsch en perspective


Dans ces conditions, qui voudra apporter du cash à Ares ? Il est peu probable que les petits porteurs soient prêts à accepter une nouvelle dilution ou à souscrire à une nouvelle augmentation de capital. Quant aux créanciers, qui ont déjà beaucoup perdu dans l’affaire, ils pourraient rapidement perdre patience. Dans ces conditions, l’hypothèse d’une cession pour l’euro symbolique à la barre du Tribunal de Commerce n’est plus à écarter.

Mais avant même une telle issue, la direction actuelle pourrait bien être destituée par une coalition de petits actionnaires et de créanciers en colère. C’est en tout cas ce que se qu’appelle à faire un créancier sur les forums boursiers. Dans un post récent, ce dernier annonce son intention d’acquérir quelques actions Ares pour avoir le droit d’assister à la prochaine assemblée générale extraordinaire et proposer une résolution de destitution de la direction. Mais il ne dit pas par qui il veut la remplacer.