Les données de santé des Français·e·s, stockées au sein du Health Data Hub sous forme pseudonymisée, vont quitter les datacenters de Microsoft d’ici la fin de cette année. Le gouvernement français prévoit d’annoncer d’ici la fin mars ou début avril 2026 quel est l’hébergeur européen qui prendra la relève.
En effet, la firme de Redmond est soumise aux lois extraterritoriales et la Cnil, le gendarme français des données, estime depuis le début du projet HDH en 2019 que la souveraineté de la France est trop exposée à ce risque en confiant l’hébergement des données sensibles de ses citroyen·ne·s à une multinationale étatsunienne. Les autorités américaines pourraient avoir accès aux données de la plateforme. De plus, Microsoft Azure a été choisi sans appel d’offres à l’époque.
En 2020, la Cnil a demandé au Health Data Hub de préférer un hébergeur cloud soumis au droit français. Le gouvernement s’était engagé à effectuer la transition sous deux ans. Cela n’a pas eu lieu. Une mission d’expertise s’est finalement penchée sur les propositions de candidats souverains en début 2023 pour conclure qu’aucun n’était en capacité de répondre au cahier des charges du projet. Depuis, l’administration Trump est revenue au pouvoir aux Etats-Unis et a mis le doigt sur la dépendance numérique de la France.
En avril 2025, l’ancienne ministre du numérique, Clara Chappaz, a déclaré à l’Assemblée nationale que l’Etat allait lancer un appel d’offres pour faire migrer le Health Data Hub vers un opérateur sécurisé.
L’attribution du marché passe désormais par la centrale d’achats publics, l’Ugap, avec pour conditions d’être qualifié comme « hébergeur de données de santé » et de pouvoir assurer une immunité des données contre les lois extraterritoriales.
Parmi les opérateurs qualifiés figurent des acteurs 100% souverains comme OVH, Outscale ou Cloud Temple mais aussi des acteurs français qui utilisent des technologies étasuniennes comme S3ns ou Bleu. Encore un mois d’attente avant de savoir qui a été choisi.