Les négociations entre Anthropic et le Ministère étasunien de la Défense ont échoué car la société derrière le chatbot Claude a refusé l’usage militaire sans restriction de son IA. Le Pentagone voulait un accès complet au modèle d’IA d’Anthropic afin de produire « des biens essentiels à l’effort de guerre ». Or, pour Dario Amodei, le PDG et co-fondateur d’Anthropic (cf. photo), il y a deux lignes claires à ne pas franchir : la surveillance intérieure de masse et l’utilisation de l’IA dans des armes autonomes, c’est-à-dire des armes qui se déclenchent sans intervention humaine.

« Nous estimons que, dans de rares cas, l’IA nuit plus aux valeurs démocratiques qu’elle ne les sert. Certaines utilisations outrepassent tout simplement les capacités actuelles de la technologie en matière de sécurité et de fiabilité », affirme Dario Amodei.

Moins scrupuleux, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, a accepté de prendre la place initialement dévolue à Anthropic pour « désamorcer les tensions » entre l’industrie de l’IA et le Pentagone. De sa propre admission, l’accord était précipité et mauvais pour son image de marque. Il affirme cependant que le contrat signé comporte « davantage de garde-fous que tout autre contrat de ce type pour des travaux classifiés sur l’IA ». Selon le media Techdirt, le contrat « autorise bel et bien la surveillance domestique ». Résultat : OpenAI, initialement à but non lucratif et opposée aux usages militaires, est à présent un acteur crucial pour les projets militaires des Etats-Unis. En octobre 2025, OpenAI disait encore « veiller à ce que l’intelligence artificielle générale profite à l’ensemble de l’humanité ».

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, n’en est pas resté là. Prenant le refus de Dario Amodei pour un affront, il a ordonné aux agences fédérales de cesser d’utiliser le chatbot Claude et les technologies d’Anthropic. La société Anthropic est désormais considérée comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement » par le ministère de la Défense qui accuse la start-up de « caprices idéologiques » et de faire passer ses principes avant la sécurité nationale. « Aucune intimidation ni sanction ne changeront notre position », déclare en retour Dario Amodei.