La Plateforme des données de santé (PDS), plus connue sous le nom de Health Data Hub, a retenu Scaleway, la filiale cloud d’Iliad, comme futur hébergeur de sa plateforme technologique. Ce choix acte le basculement vers un cloud souverain pour l’un des projets les plus sensibles de l’État en matière de données de santé, jusqu’ici adossé à Microsoft Azure dans un contexte de controverses récurrentes autour de l’extraterritorialité du droit américain.

Dans son communiqué, la PDS présente cette décision comme l’aboutissement d’une stratégie de réversibilité engagée dès 2019. Elle explique que sa plateforme a été pensée dès l’origine pour permettre un changement d’hébergeur, tout en attendant que l’offre de cloud française et européenne atteigne le niveau requis pour supporter des traitements à la fois massifs, sensibles et élastiques.

Le processus de sélection, mené pendant deux mois et demi dans le cadre du marché « Nuage public », a mobilisé plusieurs offreurs cloud. Selon la PDS, l’analyse s’est appuyée sur plus de 350 exigences techniques, avec l’appui d’experts de la Dinum, d’Inria et du ministère chargé de la santé. Scaleway a finalement été retenu sur des critères de sécurité, de scalabilité et de résilience.

L’enjeu dépasse le simple changement d’infrastructure. La PDS indique que ce nouvel hébergement doit lui permettre de gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS entre fin 2026 et début 2027. Elle estime que cette autonomie fluidifiera la mise à disposition des données et accélérera leur usage secondaire au service de la recherche et de l’innovation en santé, en France comme en Europe.

Scaleway met de son côté en avant une infrastructure opérée en Europe, sa certification HDS, obtenue en juillet 2024, ainsi que la crédibilité de sa feuille de route vers la qualification SecNumCloud, encore en cours. L’entreprise rappelle qu’elle est entrée officiellement dans ce processus en janvier 2025.

Pour Damien Lucas, directeur général de Scaleway, cette sélection constitue à la fois un partenariat technologique et un signal politique plus large en faveur d’une alternative européenne dans le cloud. « Une alternative européenne crédible et compétitive existe. Renforçons notre autonomie stratégique ! », fait-il valoir dans le communiqué de l’opérateur.