Capgemini a présenté mercredi lors de sa Journée des marchés de capitaux, une feuille de route 2026-2028 centrée sur l’IA agentique. Le groupe veut faire de cette technologie le moteur de son prochain cycle de croissance, en misant sur la modernisation de la dette technique des systèmes d’information, l’automatisation des processus métiers, la transformation des opérations et l’intégration d’agents IA dans les produits et services de ses clients.

Pour Aiman Ezzat, directeur général de Capgemini, l’IA agentique ne relève pas d’un simple déploiement technologique mais d’une « révolution d’entreprise ». « Plus que jamais, nos clients ont besoin de partenaires de transformation capables de concrétiser leurs ambitions en matière d’IA et d’obtenir un impact tangible sur leurs activités », souligne-t-il.

Pour capter cette demande, l’ESN met en avant son positionnement de bout en bout, du conseil aux services managés, ses expertises sectorielles, ses investissements dans le cloud, la data et l’IA, ainsi que l’apport de WNS dans les opérations intelligentes. Elle identifie également la souveraineté numérique et la défense comme relais de croissance.

À horizon 2028, Capgemini vise une croissance annuelle moyenne de 5,5% à 7,5% à taux de change constants, dont environ deux points liés aux acquisitions. Le groupe ambitionne aussi de porter sa marge opérationnelle à 12,1%-12,3% du chiffre d’affaires et de générer plus de 6 milliards d’euros de free cash-flow organique cumulé sur 2026-2028.

Mais ces objectifs n’ont pas suffi à convaincre le marché. Le titre a reculé de 3,5% dans la foulée de la présentation, pénalisé par des objectifs jugés trop prudents sur la marge et la génération de trésorerie. Si la trajectoire de croissance apparaît solide, elle ne dissipe pas les doutes sur la capacité des grandes ESN à capter durablement la valeur créée par l’IA.

Car l’IA agentique est porteuse d’opportunités et de risques. Elle ouvre un nouveau cycle de transformation des entreprises, mais alimente aussi les craintes d’automatisation d’une partie des prestations traditionnelles, de pression sur les prix et de concurrence accrue avec les cabinets de conseil, les éditeurs, les hyperscalers et mêmes les pure players IA comme OpenAI et Anthropic, qui à leur tour créent des entités dédiées pour accompagner l’adoption de leurs technologies. Pour le géant français des services informatiques, il reste encore à démontrer par des résultats tangibles que l’IA élargira son marché plus qu’elle ne fragilisera son modèle.