VFLIT remet le cap sur les 50 M€ de chiffre d’affaires. L’entreprise de services numériques d’origine bretonne a présenté son nouveau plan stratégique Horizon 2030, avec l’ambition de passer de 30 M€ de revenus en 2025 à 50 M€ d’ici à 2030. Un objectif qui n’est pas nouveau : il figurait déjà dans le précédent plan stratégique 2020-2025. Mais cette fois, VFLIT estime avoir achevé la transformation interne nécessaire pour s’en donner les moyens.

Créé en 2008 autour d’OMR Infogérance avec 25 collaborateurs, VFLIT — acronyme de « Vous Faciliter l’IT » — compte aujourd’hui 226 collaborateurs, répartis sur 12 sites couvrant 22 départements et 6 régions. Le groupe accompagne entreprises, collectivités, établissements de santé, associations et acteurs de l’éducation sur un spectre large : infogérance, cloud, cybersécurité, télécoms et réseaux, logiciels de gestion et sûreté des biens et des personnes.

« On croit beaucoup au modèle de proximité », résume Dave Lecomte, président-directeur général de VFLIT. « Nous pensons que plus les outils sont éloignés des clients, plus le service doit être de proximité. » C’est sur cette conviction que le groupe veut bâtir sa nouvelle phase de développement, face à un marché de l’IT qui se concentre autour de grands acteurs nationaux et internationaux. « Il faut être fort sur son territoire avant de penser à s’étendre. Nous devons encore gagner en assise et prendre de la taille », complète-t-il.

Le précédent plan n’a pas produit les effets escomptés. Élaboré début 2020, il a été percuté par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, les tensions d’approvisionnement, l’inflation et la crise énergétique. VFLIT a également subi l’évolution du marché des télécoms, en particulier sur le segment TPE, devenu insuffisamment rentable pour le groupe, ainsi qu’un recul de certains projets de sûreté à fort volume mais à faible profitabilité. L’exercice 2024 a par ailleurs été perturbé sur les quatre métiers du groupe, entraînant une baisse d’activité compensée en 2025. Enfin, VFLIT n’a plus réalisé d’opération de croissance externe depuis le rachat d’Espace Com en 2022. « On s’est positionné sur plusieurs dossiers mais on ne gagne pas toujours. On a souvent fini deuxième », reconnaît Dave Lecomte.

Pour autant, le groupe considère cette période comme structurante. VFLIT dit être passé « d’une logique de filiales à une logique de groupe intégré », organisé autour de quatre métiers : l’infogérance, le cloud et la cybersécurité, qui représentent environ 50% de l’activité ; les télécoms et réseaux, 25% ; la sûreté, 20% ; et les logiciels de gestion, 5%. Cette réorganisation a permis d’harmoniser les conventions collectives, de consolider les fonctions support et de mieux préparer l’intégration de futures acquisitions.

Le plan Horizon 2030 repose sur quatre leviers : le développement des activités de cybersécurité, le déploiement du projet IT+, le renforcement du maillage territorial et la reprise de la croissance externe. La cybersécurité apparaît comme l’un des principaux moteurs de croissance organique. VFLIT observe une forte hausse des besoins, avec des sollicitations liées aux réponses à incident multipliées par dix au cours de la dernière année. Le groupe met en avant son approche de terrain, estimant que la réponse cyber ne peut pas être uniquement technologique mais doit aussi reposer sur la présence humaine, la réactivité et la proximité.

Cette activité s’appuie sur une cellule dédiée à la réponse à incident, composée de cinq personnes, relayée par les équipes systèmes et réseaux du groupe. VFLIT revendique un dispositif 24/7, avec un numéro d’urgence interne surnommé le « téléphone rouge », et accompagne les clients dans les premières mesures de crise comme dans les démarches auprès de la CNIL, de la gendarmerie ou de l’ANSSI selon les cas. Le groupe est également référencé CSIRT dans les Pays de la Loire, via CyberAssist, et mène une démarche similaire en Bretagne avec Breizh Cyber.

Mais le véritable fil rouge d’Horizon 2030 est le projet IT+. Son objectif : faire de VFLIT le guichet unique numérique de ses clients, capable de prendre en charge l’ensemble de leurs besoins, qu’il s’agisse d’infogérance, de cloud, de cybersécurité, de télécoms, de logiciels de gestion ou de sûreté. L’enjeu est de répondre à une difficulté de plus en plus fréquente : la fragmentation des prestataires. Un incident de téléphonie peut ainsi relever du lien Internet, du serveur, du réseau ou de l’opérateur. VFLIT veut éviter aux clients le renvoi de responsabilité entre intervenants et assurer un diagnostic de bout en bout.

IT+ n’est pas seulement une offre commerciale. VFLIT le présente comme un projet pluriannuel de conduite du changement. Le groupe dispose déjà de l’ERP d’Artis, qui permet à ses collaborateurs d’accéder aux ressources et contrats des différentes sociétés. Mais l’outil ne suffit pas. Pour améliorer la fluidité de l’expérience client, VFLIT veut casser les silos internes, décloisonner les métiers et faire évoluer les comportements de ses équipes. Cette mission a été confiée à un prestataire spécialisé, SensiPod.

La croissance externe doit, elle aussi, contribuer à l’objectif de 50 M€. Sur les 20 M€ de chiffre d’affaires additionnels visés, VFLIT attend environ 10 M€ d’opérations d’acquisition. Les priorités diffèrent selon les métiers. Dans l’infogérance au sens large — cloud, cyber, intégration ou services managés — le groupe se dit prêt à regarder des dossiers sur l’ensemble de ses territoires. Pour la sûreté et les logiciels de gestion, l’accent est mis sur la Bretagne, afin d’homogénéiser la couverture géographique de ces métiers. La Normandie constitue également un axe de développement possible, notamment dans l’infogérance.

VFLIT insiste aussi sur la souveraineté numérique, sans en faire une posture de rejet des technologies internationales. Le groupe reconnaît le caractère incontournable de certains acteurs mondiaux, mais entend proposer des alternatives françaises ou souveraines lorsque cela est possible. Il cite notamment ses hébergements dans des datacenters situés à Nantes ou Paris, ainsi que sa nouvelle offre de téléphonie YouCall, hébergée dans ses propres infrastructures.