En l’espace de quelques années, le Groupe Pandora a changé de dimension. Parti d’un socle historiquement ancré dans les télécoms et la distribution opérateur, le groupe rennais s’est progressivement imposé comme un acteur national des services IT, de l’infogérance, de la cybersécurité et des communications d’entreprise. Le rapprochement avec Group-Solutions, finalisé fin décembre 2025, marque une étape décisive dans cette trajectoire. Avec cette douzième opération de croissance externe, Pandora qui ne réalisait que 4 M€ en 2019, revendique désormais 82 M€ de chiffre d’affaires, 365 collaborateurs, 20.000 clients et 26 agences en France. De quoi lui permettre de viser le seuil symbolique des 100 M€ de chiffre d’affaires à horizon 2027.
Créé en 2011, Pandora a longtemps bâti son développement sur la distribution télécoms BtoB. Un métier que le groupe poursuit aujourd’hui via la mise à disposition de grands opérateurs des équipes commerciales, techniques ou de service client. Pandora travaille notamment pour le compte d’Orange Business et de Bouygues Telecom Entreprises, dont il commercialise les offres auprès des entreprises.
Mais le groupe a progressivement élargi son périmètre. À côté de cette activité historique dite de « supplétive », Pandora a structuré une offre tournée vers les clients finaux. L’objectif est de proposer sous la bannière d’une entité baptisée Unixo un guichet unique capable d’accompagner les entreprises sur l’ensemble de leurs besoins IT et télécoms : téléphonie, communications unifiées, connectivité, réseaux, infrastructures, infogérance, cloud, cybersécurité et sécurité des locaux.
Ce repositionnement s’est accéléré à partir de 2021 avec le rachat d’Optima DSI, qui a permis au groupe de mettre un pied plus affirmé dans l’infogérance et la régie informatique. Il s’est poursuivi en 2024 avec plusieurs acquisitions, dont SIB Ouest, une société d’une douzaine de personnes positionnée dans le négoce IT, Teleris, un opérateur télécoms d’une vingtaine de personnes, ainsi que deux structures plus petites, Enova et Unitéo, implantées à Brest et Strasbourg, et exerçant une activité de distribution télécoms. Mais le rapprochement avec Group-Solutions, entreprise de 145 collaborateurs réalisant 25,4 M€ de chiffre d’affaires constitue, par sa taille et par sa portée, l’opération la plus structurante.
Historiquement implanté à Amiens et en Normandie et longtemps connu comme concessionnaire Xerox, Group-Solutions, s’est lui aussi engagé dans une transformation progressive de son modèle. Si la bureautique représente toujours la moitié de son activité, Group-Solutions a progressivement ouvert son catalogue à l’IT, aux serveurs, à l’infogérance et aux firewalls.
Pour Group-Solutions cette opération s’inscrivait dans une logique de transmission. Sur le point d’atteindre l’âge de la retraite, son actionnaire majoritaire, Thierry Mistral-Bernard, était à la recherche d’un projet industriel capable de préserver les équipes et de pérenniser ce qui a été construit dans un nouveau projet.
Pour Pandora, l’apport est multiple. Group-Solutions lui permet d’abord de se renforcer géographiquement dans le nord de la France, en particulier en Normandie et dans les Hauts-de-France, avec des implantations à Caen, Rouen, Évreux, Le Havre, Lille, Amiens ou encore Valenciennes. Le groupe, historiquement présent en Bretagne, Pays de la Loire, Centre et Île-de-France, étend ainsi significativement son maillage territorial.
Les complémentarités sont aussi métiers, estime Julien Kerlouët, PDG du Groupe Pandora (photo). Pandora apporte sa culture opérateur, son approche packagée des services, son expérience des offres télécoms et sa montée en puissance dans l’infogérance et la cybersécurité. Group-Solutions apporte de son côté une forte culture commerciale et bureautique et sa capacité à convertir progressivement ses clients historiques vers des prestations IT.
Dans un contexte de baisse des revenus sur le métier du copieur, liée au recul du papier, et de baisse des revenus data/mobile, Julien Kerlouët mise en effet sur la convergence avec l’informatique, avec des offres packagées, forfaitisées et lisibles, inspirées de la culture opérateur.
Le nouvel ensemble affiche désormais une répartition d’activité plus équilibrée, entre l’infogérance (12 M€), la cybersécurité (12 M€), la bureautique (12 M€) et son métier d’opérateur-intégrateur regroupant les liens data, le mobile, la téléphonie, la visioconférence et le WiFi (24 M€). Des activités auxquelles s’ajoutent son activité de supplétive, qui pèse environ 12 M€, et une captive financière qui en pèse 10.
À noter que pour financer cette acquisition, Pandora a fait évoluer son tour de table. Julien Kerlouët précise que si les acquisitions précédentes avaient été réalisées sur fonds propres, l’opération Group-Solutions s’est appuyée sur l’entrée en parallèle d’Entrepreneur Invest au capital.
L’intégration de Group-Solutions se fera progressivement, Pandora se donnant le temps d’aligner les outils, les systèmes d’information, les pratiques commerciales et les cultures d’entreprise. Julien Kerlouët insiste sur la nécessité de ne pas brusquer les équipes. Cette approche prudente n’empêche pas le groupe d’afficher l’ambition d’atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires dès 2027. Pour y parvenir, Pandora prévoit de poursuivre ses recrutements, mais aussi de continuer à structurer ses offres. La cybersécurité devrait constituer l’un des principaux axes de développement. Julien Kerlouët évoque notamment le SOC management.