Sur la base de sondages menés auprès de ses membres durant le premier semestre de l’année 2026, le Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique (CESIN) constate que les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) doivent hiérarchiser des priorités toujours plus nombreuses et arbitrer entre des chantiers tous aussi stratégiques les uns que les autres : composer avec l’accélération de l’IA générative, les exigences réglementaires et les risques liés à la dépendance numérique.
L’adoption de l’IA complique encore plus la donne. Les règles ne progressent pas au même rythme que l’usage. De nombreuses organisations, plutôt de taille intermédiaire (27% des sondé·e·s), n’ont encore défini aucune politique concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle. Seuls 18% des répondant·e·s ont mis en place une politique spécifique au développement applicatif enrichi à l’IA. 34% autorisent son installation de manière générale. 34% l’autorisent par exception. 54% des grandes entreprises interrogées déclarent avoir déjà subi une attaque de type deepfake générée avec de l’IA, ainsi que 19% des ETI et 5% des TPE/PME.
« Les outils de transcription et de synthèse des réunions posent également questions. Qui accède aux données ? Où sont-elles stockées ? Combien de temps sont-elles conservées ? L’IA entre aussi dans les outils de cyberdéfense. Les organisations expérimentent et la majorité se situe encore au stade du pilote ou du test. Trois préoccupations dominent : la fiabilité, la confidentialité et la souveraineté », commente le CESIN. « Les RSSI doivent désormais conjuguer protection, anticipation et arbitrage, tout en inscrivant leurs décisions dans une gouvernance plus large, associant métiers et directions. La maturité cyber ne se mesure donc plus seulement aux dispositifs déployés, mais aussi à la capacité de l’organisation à faire des choix éclairés face au risque ».
Seuls 24% des 162 répondant·e·s estiment que les opportunités de postes de RSSI sont aussi nombreuses que par le passé, soit 17 points de moins qu’en 2024. Dans le même temps, 3% envisagent de basculer vers le conseil faute de capacité à agir dans les organisations. Au-delà du marché de l’emploi, ces résultats traduisent aussi une interrogation sur les conditions dans lesquelles les RSSI peuvent aujourd’hui exercer pleinement leur fonction.
Méthodologie
Les Instantanés du CESIN du premier semestre 2026 s’appuient sur 21 mini-sondages hebdomadaires réalisés auprès des membres du CESIN. Les panels comptent entre 84 et 160 répondant·e·s selon les questions, avec une moyenne de 116 répondant·e·s.




