Flex bouscule le marché français des agrégateurs télécoms avec son service d’opérateur en marque blanche. En trois ans, l’entreprise est passée d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros à plus de 10 millions, réalisant la croissance la plus rapide de son marché.

Contrairement au modèle d’opérateur en marque blanche classique, où les partenaires se contentent de revendre des services produits et opérés par un tiers, Flex laisse aux partenaires la main sur la configuration et le contrôle de son infrastructure opérateur, explique en substance Emmanuel Tournade, son PDG (photo). Un modèle inspiré de celui d’Alphalink mais sans certaines de ses limites techniques et opérationnelles.

« Pour les opérateurs de services, Flex c’est vraiment le stade intermédiaire entre la marque blanche et la détention de son propre cœur de réseau et de ses propres portes de collecte », explique Florian Bissière, dirigeant de l’opérateur régional Proxitel, partenaire récent de Flex. « La plateforme Flex permet d’aller très loin dans le paramétrage, la configuration et la résolution des problèmes que les plateformes de ses concurrents, souligne-t-il. Elle rend notre équipe technique beaucoup plus autonome ce qui se traduit par une bien meilleure réactivité vis à vis des clients. »

Le cœur de l’architecture Flex repose sur des instances de routage virtualisées baptisées VRB (Virtual Routing Backbone) permettant aux partenaires de déployer des services avancés directement dans le cœur de réseau. Chez Proxitel, l’infrastructure Flex permet par exemple de « créer des réseaux privés virtualisés directement dans le routeur d’agrégation et d’y ajouter des machines virtuelles pour déployer des services de sécurité Stormschield, sans installer d’équipement physique chez le client », poursuit Florian Bissière.

L’un des leviers technologiques qui a permis à Flex d’augmenter fortement les performances de son cœur de réseau virtualisé est l’utilisation de cartes réseau Mellanox (aujourd’hui propriété de Nvidia), expose Emmanuel Tournade. Grâce à ces cartes, Flex a pu bâtir une infrastructure capable de traiter plusieurs millions de paquets par seconde et de supporter des centaines de liens 10 gigabits simultanés tout en restant pilotable par les partenaires.

À l’instar des agrégateurs historiques, Flex s’adresse à une clientèle d’intégrateurs télécoms, d’opérateurs régionaux et de MSP. Mais Flex se démarque de ses concurrents en ciblant les acteurs à la culture technique la plus affirmée. Ceux qui souhaitent maîtriser leur infrastructure et ne pas être réduits rôle de « simples requêteurs » auprès des équipes techniques de leur fournisseur.

Flex indique travailler avec plus de 140 partenaires actifs en France, parmi lesquels DFM, Factoria ou Heliaq. Au rang des recrues récentes, Emmanuel Tournade cite Encom Conseil, Sybord et Fastwan. Emmanuel Tournade évoque un objectif de 200 partenaires à terme mais précise qu’il ne souhaite pas aller au-delà pour éviter la sur-distribution. Malgré ce choix de distribution sélective, Emmanuel Tournade estime que l’entreprise a le potentiel pour atteindre rapidement les 20 M€ de chiffre d’affaires. Un seuil correspondant à la taille critique vis-à-vis des opérateurs d’infrastructure, estime Emmanuel Tournade.