Lors du salon Produrable les 30 septembre et 1er octobre, l’association GreenIT a dévoilé les résultats de son étude sur les impacts environnementaux de l’intelligence artificielle (IA) en 2025 et en 2030. L’étude porte sur la fabrication des serveurs IA et de leur exploitation dans les centres de données à l’échelle mondiale. GreenIT a considéré les 13 millions de serveurs IA en activité dans le monde en 2025 et les 25 millions prévus en 2030.

L’association rappelle qu’actuellement l’offre en IA crée la demande qui crée les impacts. « Les consommateurs sont fortement encouragés à utiliser gratuitement les nouvelles fonctionnalités liées à l’IA. Il en va de même des salariés dans les entreprises. Certains acteurs imposent l’usage de l’IA dans leurs outils numériques du quotidien : résumés automatiques de messages ou des résultats de moteurs de recherche, retouche de photos, etc ».

GreenIT explique que l’empreinte de l’IA est constituée de quatre impacts principaux : le potentiel de réchauffement global (35%), l’eutrophisation des milieux aquatiques (23%), l’épuisement des ressources abiotiques minérales, métalliques et fossiles (19%), et les émissions de particules fines (15%). La production de l’électricité est responsable jusqu’à 96% de ces impacts. Mais la fabrication des équipements peut atteindre 45% de certains impacts, tels que l’épuisement des ressources abiotiques.

En valeur absolue, les émissions de gaz à effet de serre de l’IA mondiale vont passer de 99 à 636 millions de tonnes équivalent CO2 entre 2025 et 2030, soit près de 7 fois plus d’impact en cinq ans. A l’horizon 2030, cela représentera l’équivalent de 86 millions de tours du monde en voiture thermique et 1,4 fois le budget annuel soutenable de l’Union européenne. Rapportés à un individu, l’IA consommera 16% de son budget annuel soutenable. 

« Cette situation n’est pas soutenable », en conclut GreenIT. « Si on ajoute les autres usages numériques, l’ensemble représente 56% du budget annuel soutenable d’un européen ». En conséquence, « les pouvoirs publics doivent absolument prendre la mesure du problème pour donner les moyens aux utilisateurs, comme aux entreprises, d’agir plus efficacement ».

Méthodologie

Cette étude évalue pour la première fois les impacts environnementaux et sanitaires de l’intelligence artificielle dans le monde en 2025 et en 2030, à l’aide d’une approche scientifique basée sur les méthodes standards de référence : Analyse du Cycle de Vie (ACV) multicritères de l’ISO, Product Environmental Footprint (PEF) de la Commission européenne, et Référentiel de catégorie de produits (RCP) Services Numériques de l’Ademe. Toutes les étapes du cycle de vie – fabrication, distribution, utilisation, fin de vie – ont été prises en considération pour 16 indicateurs d’impacts environnementaux et sanitaires. Les résultats sont normalisés et pondérés pour aboutir à un score environnemental unique. Cette étude ne distingue pas les différents types d’intelligence artificielle : générative, agentique, prédictive, etc. Les impacts sont quantifiés en fonction des infrastructures physiques dédiées à l’IA : serveurs, racks, mètres carré de centre informatique, etc.