Les établissements scolaires de six Etats fédérés (Länder) allemands vont pouvoir utiliser les outils collaboratifs de Nextcloud, hébergés par Ionos dans des centres de données souverains. La plateforme, baptisée KoDaS, repose sur la suite logicielle open source de Nextcloud. L’hébergeur cloud allemand Ionos est responsable de sa mise en oeuvre, du transfert des données et de sa maintenance.
Conclu pour une durée de quatre ans, l’accord-cadre concerne Berlin, Brême, Hambourg, la Hesse, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la Rhénanie-Palatinat. D’autres Etats fédérés pourraient rejoindre le dispositif. La tarification est structurée en cinq niveaux, en fonction du nombre d’utilisateur·rice·s actif·ve·s, allant de 50.000 à plus de 500.000. La valeur maximale de l’accord-cadre s’élève à 67,5 millions d’euros, selon le portail officiel des marchés publics du gouvernement fédéral allemand.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une initiative européenne en faveur de la souveraineté numérique au sein des institutions publiques. Cette initiative a pour objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des plateformes propriétaires des géants technologiques étasuniens, tels que Microsoft et Google, qui proposent – souvent gratuitement – des solutions collaboratives dédiées aux établissements scolaires. Or ces solutions extra-territoriales sont soumises au Cloud Act étasunien qui permet aux autorités étasuniennes, dans certaines conditions, de les contraindre à transmettre les données qu’elles contrôlent, y compris si ces données sont hébergées en Europe.
En France, les enseignant·e·s et élèves français peuvent se rendre sur le portail apps.education.fr qui intègre des solutions open source et souveraines. Fin août dernier, la Cnil, gendarme français des données, a publié un rappel des règles applicables aux établissements du premier et second degrés pour mettre fin à la dépendance aux outils des géants étatsuniens de la tech. Elle conseille fortement l’usage d’outils numériques souverains dans les écoles depuis 2021.



