Bull vient d’inaugurer un nouveau bâtiment de production sur son site historique d’Angers, au terme d’un investissement de 80 millions d’euros. Cette extension porte à 20.000 m² la surface du nouveau site, dont 10.700 m² consacrés à la production, et doit permettre au constructeur de doubler ses capacités industrielles. Bull revendique également un gain de productivité de 30%. Le projet de modernisation de cette usine, inaugurée en 1963, devrait s’achever en 2028.
Concrètement, la cadence de production est déjà passée de six à douze racks par mois et pourrait atteindre 24 racks mensuels en 2027 si la demande le justifie, selon Reuters. Cette montée en puissance doit notamment permettre à Bull de mener simultanément plusieurs grands programmes, ce qui n’était pas possible auparavant.
Présenté comme le seul site industriel européen capable d’assembler de grands supercalculateurs, Angers concentre les activités de fabrication, d’intégration, de test et de validation de Bull dans le HPC, les infrastructures d’IA et les serveurs d’entreprise, avec à terme les technologies quantiques. Le site livrera notamment en 2027 le supercalculateur exascale français Alice Recoque et LUMI-AI, le système de près de 388 M€ commandé pour la Finlande.
L’accélération intervient alors que les prises de commandes atteignent un niveau record. Le PDG Emmanuel Le Roux a indiqué à Reuters que Bull avait remporté 15 des 18 appels d’offres lancés par EuroHPC. L’agence rapporte également que la part des composants fabriqués en Europe dans les systèmes assemblés par Bull atteint désormais 70%, contre 20 à 30% il y a cinq ans.
Renationalisé fin mars, Bull emploie plus de 3.000 personnes et a réalisé environ 720 M€ de chiffre d’affaires en 2025. L’entreprise, qui a annoncé 500 recrutements cette année, entend aussi ouvrir davantage les capacités industrielles d’Angers à des partenaires via son programme « Open Factory ». Cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de son accord avec Foxconn pour produire en Europe des infrastructures d’IA, dont des systèmes basés sur la plateforme Nvidia Vera Rubin NVL72.



