La stratégie de tarification d’Oracle autour de Java SE suscite un malaise croissant au sein des entreprises utilisatrices. Selon le 2026 State of Java Survey & Report réalisé par Azul auprès de plus de 2 000 professionnels, 92% des répondants se disent « concernés » par les coûts et les conditions de licence d’Oracle Java, un chiffre en nette hausse par rapport aux enquêtes précédentes, et à peine 7% déclarent ne pas être du tout inquiets.

Cette inquiétude s’enracine dans l’évolution des modèles tarifaires d’Oracle : depuis 2023, l’éditeur a remplacé une facturation par processeur ou par utilisateur par une tarification « Java SE Universal Subscription » basée sur le nombre total d’employés, ce qui peut faire exploser le coût pour les grandes structures, même si seuls quelques développeurs utilisent Java.

Résultat, une majorité d’organisations réévalue leur dépendance à Oracle Java. 81% des entreprises ont déjà migré, migrent ou envisagent de migrer tout ou partie de leur parc Java vers une distribution OpenJDK, moins coûteuse et sans verrouillage propriétaire, et 63 % envisagent de remplacer totalement Oracle Java dans leurs environnements. La motivation principale reste la maîtrise des coûts, loin devant les autres facteurs.

Ce mouvement fait écho à des tendances déjà observées : une majorité d’utilisateurs ont exprimé leur malaise envers la tarification Oracle Java dans les années précédentes. La peur des audits de conformité imposés par Oracle joue aussi. 21% des répondants à l’enquête en ont déjà fait l’objet.

Pas facile toutefois d’engager une migration sur un environnement qui reste aussi stratégique. L’étude souligne son rôle croissant dans les projets d’intelligence artificielle (62% des organisations utilisent Java pour coder les fonctionnalités d’IA), ainsi que dans les architectures critiques à forte performance.

Une situation qui a le mérite d’ouvrir des opportunités pour le channel, au niveau du conseil et de l’accompagnement technique, financier et contractuel.