Proofpoint va acquérir Varonis pour 6,3 milliards de dollars en numéraire. Avec cette opération, le géant américain de la cybersécurité met la main sur un acteur reconnu de la protection et de la gouvernance des données, alors que les usages de l’IA renforcent les enjeux liés aux droits d’accès et à l’exposition des informations sensibles.

Proofpoint poursuit sa stratégie d’acquisitions. L’éditeur, contrôlé par Thoma Bravo, a conclu un accord définitif en vue de racheter Varonis pour 6,3 milliards de dollars. Il versera 49,75 dollars par action, soit une prime de 52% par rapport au cours du 22 juin, avant les premières rumeurs de mise en vente.

L’opération, approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration de Varonis, doit être finalisée au premier semestre 2027, sous réserve de l’accord des actionnaires et des autorités réglementaires. Varonis sera alors retiré du Nasdaq.

Fondé en 2005, Varonis s’est spécialisé dans la découverte, la classification et la protection des données sensibles, ainsi que dans l’analyse des droits d’accès. Des compétences complémentaires de celles de Proofpoint, historiquement centré sur la sécurité de la messagerie et des utilisateurs.

L’IA accélère le rapprochement

« À mesure que l’IA s’intègre dans l’entreprise, les données auxquelles elle peut accéder déterminent à la fois sa valeur et son niveau de risque », explique Sumit Dhawan, directeur général de Proofpoint. La montée en puissance des agents IA, capables d’accéder à des informations sensibles et d’agir dans différents systèmes, renforce selon lui le besoin de savoir quelles données doivent être protégées, qui peut y accéder et comment elles sont utilisées.

Varonis apporte justement des capacités de cartographie des accès, d’identification des données trop largement exposées et de réduction des permissions excessives. Son cofondateur et directeur général Yaki Faitelson résume l’enjeu en expliquant vouloir « sécuriser l’IA et les données qui l’alimentent ».

L’opération intervient moins d’un an après l’acquisition de l’allemand Hornetsecurity pour 1,8 milliard de dollars. Ce rachat avait notamment permis à l’éditeur américain de renforcer sa présence auprès des PME et des MSP. En France, il avait toutefois été mal accueilli par certains partenaires de Vade, passé sous pavillon Hornetsecurity en 2024, qui y voyaient la disparition d’une alternative européenne dans la sécurité de la messagerie.