arearesLe 18 juin prochain Ares tient son assemblée générale et publie à cette occasion son document de référence. Pas de révélation dans ce document mais la question de la continuité d’exploitation reste plus que jamais posée.

 

Ares vient de publier son document de référence avec un mois de retard. Ce document confirme l’exactitude du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel déjà publiés. Le premier s’affiche à 53,4 millions d’euros, en baisse de 23,6% à périmètre comparable. Le résultat opérationnel est négatif de 11 M€, soit 20,5% du chiffre d’affaires. Il confirme également que l’abandon de créances (25,4 M€), le produit de l’actualisation du passif (5,4 M€) et l’augmentation de capital souscrite à hauteur de 5,3 M€ n’ont pas suffit à reconstituer entièrement les fonds propres, qui restent négatifs de 9,6 M€.

Une situation qui n’a pas empêché les commissaires aux comptes de délivrer leur imprimatur. Mais plusieurs indices permettent de penser que cela n’a pas été sans mal. D’abord, il semble bien que le retard de publication du document de référence, légalement prévue au plus tard pour le 30 avril, leur soit imputable, leur rapport définitif étant daté du 26 mai. Y aurait-il eu tractations ?

Ensuite, s’ils n’émettent pas de réserves formelles sur la sincérité des comptes, ils prennent soin dans leur rapport d’attirer l’attention du lecteur sur une annexe du document de référence qui « expose les raisons pour lesquelles le principe de continuité d’exploitation a été retenu ». En clair, ils se couvrent. Leur code professionnel prévoit en effet que s’il « existe une incertitude sur la continuité d’exploitation, ils doivent s’assurer qu’une information pertinente est fournie [sur la nature de cette incertitude] dans l’annexe ».

 

Les incertitudes reléguées en annexe

L’annexe en question, intitulée « Bases de préparation et faits marquants », précise notamment que le conseil d’administration du groupe Ares d’administration a « estimé que la trésorerie sera suffisante pour répondre aux besoins de financement de la société [pour les 12 mois suivant la date d’arrêté]. Avant de préciser aussitôt que « les évaluations retenues ont été réalisées à partir d’estimations et d’hypoyhèses sous-jacentes [qui, si elles n’étaient pas respectées, pourraient rendre] le principe comptable de continuité d’exploitation […] inaproprié ». Les petits porteurs qui investissent dans l’action Ares doivent avoir le cœur bien accroché.

Dans un contexte de dégradation continuelle de son chiffre d’affaires, trimestre après trimestre, alors que l’exploitation reste négative et que ses fonds propres sont négatifs de près de 10 M€, nous aurions aimé demander à la direction d’Ares comment elle comptait s’y prendre pour assurer la continuité de l’activité. Sollicitée, elle n’a pas donné suite.

 

Un quorum difficile à trouver

Autre interrogation : quels moyens la direction a-t-elle mis en œuvre pour atteindre le quorum lors de la prochaine assemblée générale prévue le 18 juin ? En effet, alors que les actionnaires nominatifs (dont le PDG Michel Berjamin et les membres de son conseil d’administration) contrôlaient encore plus de 64% du capital au 31 mars 2009, ils n’en détenaient plus que 7,2% au 31 décembre dernier, bien loin des 20% du quorum.

Or les petits porteurs, c’est bien connu, se désintéressent de ces questions. Déjà, lors de la deuxième assemblée générale extraordinaire du 15 octobre dernier, la direction d’Ares, qui contrôlait encore près de 18% du capital, avait eu bien du mal à atteindre le quorum de 20% requis, et n’avait dû de le dépasser qu’en collectant les procurations de nombreux petits porteurs.

 

Une seconde AG convoquée par anticipation

Mais cette fois-ci, Michel Berjamin n’a peut-être pas intérêt à faire trop de retape autour de cette AG car il joue sa réélection au fauteuil d’administrateur. Un défaut de quorum à la première assemblée l’autoriserait à en réunir une deuxième  où les décisions pourront être votées sans quorum. Une éventualité à laquelle il semble s’être préparé puisqu’une deuxième assemblée est convoquée par anticipation le 29 juin. Or dans ce cas de figure, il est susceptible de contrôler près de 10% des droits de vote si l’on additionne les voix de la SAS Manco qui regroupe les principaux managers, celles des membres du conseil d’administration, les managers au nominatif et l’autodétention. Ce qui lui laisse de la marge pour faire passer son ordre du jour.