Que vont devenir les 43 salariés Unisys qui œuvrent à la maintenance informatique des personnels d’Air France sur le site Roissy ? Le 1er décembre 2025, ils apprenaient que le contrat qui liait leur employeur à Air France depuis une trentaine d’années devrait prendre fin au 30 juin au profit de TCS.
Ces 43 salariés sont chargés du support informatique et des services de proximité des 5.000 salariés et opérationnels de la compagnie sur le site de Roissy (et quelques autres sites rattachés). Ils animent notamment des espaces baptisés Tech cafés (photo) où ils assurent principalement des missions de mise à disposition et de maintenance de tablettes, téléphones et ordinateurs portables.
Souhaitant éviter un plan social, Unisys a demandé à TCS France de reprendre les contrats de travail de ces 43 salariés au titre de l’article L. 1224-1 du Code du travail qui dispose que lorsque survient une modification dans la situation juridique de l’employeur (par succession, vente, fusion, transformation du fonds ou mise en société), tous les contrats de travail en cours subsistent automatiquement entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise.
Devant le refus de TCS de répondre positivement à sa demande, Unisys a déposé un référé pour forcer le transfert des contrats de travail. Ce qui a eu pour effet d’obliger TCS à entamer des négociations. Des négociations encouragées par Air France qui craint de perdre les compétences, voire un blocage.
Mais après 10 mois de négociations et plusieurs reports de la date de reprise en main du contrat Air France par TCS, les salariés d’Unisys continuent de travailler et d’être payés mais restent sans visibilité précise sur leur avenir, aucun compromis n’ayant émergé.
Une situation que beaucoup d’entre eux vivent mal : en témoigne les nombreux arrêts maladie. Le moral des salariés concernés est d’autant plus atteint qu’ils s’estiment perdants dans tous les cas : soit ils ne sont pas transférés et ils sont licenciés dans le cadre d’un plan social, soit ils sont transférés mais au prix de la perte probable d’une partie de leurs avantages salariaux et sans aucune garantie que leur emploi sera pérennisé à terme. « On ne se fait pas d’illusions sur les conditions de travail en vigueur au sein de TCS et sur le fait que des licenciements auront lieu après notre transfert dès lors que les compétences auront été absorbées », lâche l’un d’eux.
Aux dernières nouvelles, TCS vient d’obtenir un nouveau report de la date de reprise du contrat Air France, fixée désormais à décembre. Ce qui laisse près de trois mois à TCS pour négocier les conditions de reprise des contrats de travail des salariés d’Unisys. Du côté du tribunal, la procédure de référé a été mise en suspens jusqu’au 17 novembre.
À noter que ce contrat avec Air France était le dernier contrat d’importance encore détenu par l’ESN en France. Quelle que soit le sort des salariés employés pour le compte d’Air France, et compte tenu d’un plan social déclenché en parallèle portant sur 13 salariés, Unisys comptera moins de trente salariés en France à l’issue de la procédure.
Contactés pour apporter leur éclairage sur le traitement de cette affaire, les responsables des ressources humaines d’Unisys et TCS France n’ont pas donné suite.



