Oracle a publié des résultats supérieurs aux attentes pour son troisième trimestre fiscal 2026 (clos fin février) et rassuré les marchés sur la solidité de sa stratégie dans l’infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars en progression annualisée de 22% (18% à taux de change constant), confirmant l’accélération de sa transformation autour du cloud et des infrastructures destinées aux charges de travail d’IA.

Les revenus cloud (IaaS et SaaS confondus) atteignent 8,9 milliards de dollars sur le trimestre, en progression de 44% sur un an. La composante infrastructure cloud, portée par la demande en puissance de calcul pour l’entraînement et l’exploitation de modèles d’IA, progresse encore plus rapidement. Oracle Cloud Infrastructure (OCI) génère 4,9 milliards de dollars, soit une hausse spectaculaire de 84%.

Les applications cloud continuent pour leur part de croître de manière plus modérée mais régulière. Les revenus SaaS atteignent 4 milliards de dollars, en hausse de 13%. Dans ce segment, les suites de gestion cloud restent les locomotives : Fusion Cloud ERP et NetSuite Cloud ERP représentent chacune environ 1,1 milliard de dollars de chiffre d’affaires trimestriel.

Le reste du portefeuille affiche une évolution plus stable. Les revenus logiciels hors cloud s’établissent à 6,1 milliards de dollars, en légère progression de 3%. Les services génèrent pour leur part environ 1,4 milliard de dollars de chiffre d’affaires, tandis que l’activité matérielle atteint 714 millions de dollars.

Cette performance s’accompagne d’une rentabilité toujours solide. Le bénéfice net trimestriel atteint 3,7 milliards de dollars, en progression de 27% (18% sur un an à taux de change) et le bénéfice par action non Gaap s’élève à 1,79 dollar, en hausse de 21% (16% à taux de change constant).

Au-delà des chiffres, Oracle insiste surtout sur l’ampleur de la demande pour ses infrastructures d’IA. Les contrats signés avec de grands acteurs du numérique et l’extension rapide des capacités de centres de données alimentent un carnet de commandes record : les obligations de performance restantes (RPO) culminent désormais à 553 milliards de dollars, en hausse de 325 % sur un an.

Pour les investisseurs, ces résultats dissipent en partie les doutes apparus ces derniers mois sur la capacité d’Oracle à financer et rentabiliser ses investissements massifs dans les centres de données. D’autant qu’Oracle a indiqué qu’il ne prévoyait pas de contracter de nouvelles dettes en 2026 au-delà des jusqu’à 50 milliards de dollars annoncés le mois dernier.

Le groupe a aussi rappelé que la plupart des équipements nécessaires sont soit financés en amont par des prépaiements clients permettant à Oracle d’acquérir les GPU, soit achetés directement par le client et fournis à Oracle (modèle «bring your own hardware »).

Sur ses perspectives, Oracle s’attend à un quatrième trimestre solide avec une croissance de son chiffre d’affaires de 19% à 21% (18% à 20% à taux de change constants) et un BPA en hausse de 15% à 17%. Le groupe maintient son objectif d’environ 67 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’exercice 2026. La direction évoque enfin une nouvelle accélération en 2027, avec des revenus pouvant atteindre 90 milliards de dollars, un niveau nettement supérieur au consensus actuel.

La publication fait mouche, avec un bond de plus de 11% de l’action Oracle en début de séance mercredi à Wall Street.