Oracle a annoncé dimanche son intention de lever entre 45 et 50 milliards de dollars en 2026 afin de financer l’expansion de Oracle Cloud Infrastructure (OCI) et la construction de nouveaux data centers dédiés aux charges de travail IA. Ces capacités visent à répondre à la demande soutenue de ses clients grands comptes et acteurs de l’IA générative, tels que Nvidia, AMD, Meta, OpenAI, TikTok et xAI. Cette levée de fonds, qui combinerait dette et vente de ses actions, doit permettre à Oracle de soutenir un effort d’investissement sans précédent.
Mais elle intervient alors que le financement des infrastructures IA se tend fortement aux États-Unis. Dans une note citée par CIO, les analystes de TD Cowen soulignent le retrait progressif de plusieurs banques américaines du financement des data centers, rendant le capital plus rare et plus coûteux. Selon eux, cette situation accroît la pression sur les marges et pourrait, à terme, se traduire par des conditions commerciales plus strictes pour les clients d’Oracle, devant supporter eux aussi une partie de l’effort d’investissement.
Pour préserver ses capacités d’investissement, Oracle envisagerait donc des mesures d’ajustement lourdes. TD Cowen évoque la possibilité de 20 000 à 30 000 suppressions de postes, ce qui permettrait de dégager plusieurs milliards de dollars de liquidités afin de financer l’expansion des infrastructures IA. Les analystes évoquent également la piste d’une cession de Cerner, l’éditeur de logiciels de santé racheté en 2022 pour 28,3 milliards de dollars, afin de recentrer ses ressources sur le cloud et l’IA.
Oracle a déjà massivement sollicité les marchés de la dette, levant environ 58 milliards de dollars en l’espace de deux mois pour financer des installations au Texas, Wisconsin et Nouveau-Mexique. À cela s’ajoute le contrat à 300 milliards de dollars avec OpenAI, dont la mise en œuvre impliquerait, selon TD Cowen, jusqu’à 156 milliards de dollars d’investissements à elle seule. Dans ce contexte de besoins financiers colossaux, la forte correction du titre Oracle depuis ses plus hauts récents rappelle la nervosité des marchés face à l’ampleur du pari IA engagé par le groupe.