Hermitage Solutions poursuit la construction de son portefeuille dédié à l’intelligence artificielle avec deux nouveaux accords de distribution conclus avec les jeunes éditeurs français Hodor.ai et Nervial Labs.
Deux solutions qui se recoupent sur les problématiques de gouvernance de l’IA mais répondent à des besoins sensiblement différents. Tandis qu’Hodor se positionne sur la sécurisation et la gouvernance des agents IA, SmartAGT, la plateforme de Nervial Labs, est tournée vers l’orchestration des modèles, à la création d’agents et à la gouvernance de données, le tout avec un fort tropisme souverain.
Hodor se présente comme une passerelle de sécurité MCP : elle s’intercale entre les agents IA et les applications métier de l’entreprise afin de contrôler ce qu’ils sont autorisés à faire. Chaque agent peut recevoir une identité propre et se voir appliquer des règles concernant les applications, les données et les actions auxquelles il peut accéder.
Les clés API, jetons et autres informations d’authentification permettant d’accéder aux applications restent gérés par la passerelle Hodor évitant ainsi de les exposer directement aux agents. La solution permet en outre de journaliser chaque action, de la rendre auditable et révocable, et d’appliquer des politiques de contrôle de manière centralisée.
La solution contribue également à la maîtrise des coûts et à l’arbitrage entre différents modèles d’IA. « On est véritablement dans la gouvernance d’agents IA », résume Frédéric Cluzeau, cofondateur et président d’Hermitage (photo), qui parle au sujet de cette offre de « pare-feu agentique ».
Hodor.ai est éditée par Colibri SAS, une société française de moins de dix salariés immatriculée en juillet 2025, soutenue par Hexa, Plug and Play, Bpifrance et Nvidia Inception, et dirigée par Karim Boussetta. La jeune pousse s’est distinguée en remportant le prix Innovation de l’année à VivaTech 2026 et fait partie des six lauréats des CMA CGM Startup Awards 2026 où elle a remporté le défi « Transport intelligent & opérations augmentées par l’IA ».
SmartAGT pour orchestrer l’usage de l’IA
Développée par Nervial Labs, autre très jeune pousse française, SmartAGT est une plateforme d’industrialisation de l’IA conçue pour rester dans le SI du client. Elle associe création d’agents no-code, connexion de ces agents aux bases documentaires de l’entreprise via des fonctions RAG, contrôle des accès, quotas, pseudonymisation et traçabilité. La plateforme propose également une interface conversationnelle pour les usages plus classiques de type question-réponse. Nervial Labs prépare en outre un mode multi-tenant pour permettre aux MSP de proposer eux-mêmes des services managés autour de l’IA. Hermitage y voit un moyen pour ses partenaires de compléter progressivement leur métier d’intégrateur ou d’expert cyber par un rôle d’architecte d’IA souveraine.
Pour Frédéric Cluzeau, cette capacité de déploiement sur site destine plus particulièrement SmartAGT aux organisations ayant de fortes contraintes de sécurité ou de souveraineté. Autre intérêt mis en avant par le président d’Hermitage : SmartAGT n’enferme pas l’entreprise dans un modèle unique. Elle peut servir d’interface avec plusieurs LLM et permettre d’arbitrer entre un modèle commercial de dernière génération, un modèle open source ou un modèle hébergé en interne selon le besoin, le niveau de confidentialité recherché et le coût. Pour Frédéric Cluzeau, cette capacité devient importante à mesure que les entreprises diversifient leurs fournisseurs d’IA.
Ces solutions s’insèrent dans le catalogue de solutions IA que le VAD est en train de construire depuis le début de l’année. Avec Hodor et SmartAGT, le département IA d’Hermitage compte désormais quatre références, aux côtés de nexos.ai et de Zylio, solution d’IA dédiée à la performance achats. Le distributeur vise à terme une dizaine de solutions.
Le distributeur admet toutefois qu’une grande partie des usages actuels reste cantonnée à ChatGPT, Copilot ou à des fonctions de chatbot et de productivité individuelle. Le passage à l’IA agentique, capable d’agir sur les applications et les processus de l’entreprise, reste très peu avancé dans les petites et moyennes entreprises « où les processus sont encore peu documentés et les données insuffisamment nettoyées, structurées et accessibles ». « Or ce sont précisément ces prérequis qui permettent aux agents IA d’être réellement efficaces », souligne Frédéric Cluzeau.
Un décalage qui se retrouve chez les partenaires. S’il constate déjà des projets et un « énorme intérêt », « la majorité […] est encore en train de construire son offre ». Toutefois, il constate que les MSP déjà très structurés ont tendance à tirer plus rapidement parti de l’IA pour automatiser leurs opérations.



