Le spécialiste français du PC sous forme de service relance sa stratégie de diversification BtoB en annonçant Blade, une plateforme de services d’exécution de modèles et d’applications IA à destination des développeurs et des éditeurs d’applications IA.
Shadow exploite actuellement un parc de 12 000 GPU répartis dans plusieurs centres de données en Europe et aux États-Unis pour les besoins de son service de PC dans le cloud. Or, les utilisateurs de ce service, principalement des joueurs, concentrent leur consommation en soirée entre 19 heures et 23 heures et le week-end, laissant une partie des capacités disponibles le reste du temps. D’où l’idée de lettre à disposition cette infrastructure des entreprises pour leurs besoins d’inférence IA.
Cette mutualisation permet à Shadow de proposer des prix de 25 à 40 % inférieurs à ceux des principaux acteurs du marché à GPU équivalents, sans frais de sortie de données ni facturation de services annexes, précise Boris Lecoeur, directeur général de Shadow (photo)
La plateforme se décline en deux services complémentaires. Le premier, Blade Models, disponible dès à présent, propose un catalogue d’une vingtaine de modèles d’IA accessibles par API. Il couvre différents usages : génération de texte et de code, vision, reconnaissance optique de caractères, génération d’images et transcription audio. Les développeurs peuvent intégrer ces modèles directement à leurs applications sans avoir à gérer les ressources GPU sous-jacentes.
L’API est compatible avec le standard OpenAI, afin que les développeurs puissent réutiliser leurs outils et bibliothèques existants. La facturation est à l’usage, au million de tokens. Blade Models intègre également Staan, l’API de recherche Web de la coentreprise European Search Perspective de Qwant et Ecosia. Cette intégration permet d’enrichir les réponses des modèles avec des informations actualisées issues du Web pour des applications de génération augmentée par la recherche (RAG).
La seconde offre, Blade AI Fabric, dont la disponibilité est annoncée courant novembre, s’adresse aux développeurs souhaitant exécuter leurs propres modèles, applications ou traitements sur l’infrastructure de Shadow. Elle repose sur un kit de développement Python permettant de déployer directement du code sur les GPU de la plateforme, sans avoir à provisionner ni administrer de serveurs. Elle prend en charge les principaux frameworks du marché, dont PyTorch et TensorFlow, et permet notamment d’importer des modèles depuis Hugging Face.
AI Fabric est basé sur une architecture serverless, avec un ajustement automatique des ressources à la charge de travail. Un mécanisme permet de ramener la consommation de GPU à zéro lorsqu’une application n’est pas sollicitée. Le service prend en charge les traitements par lots, les tâches planifiées et les environnements d’exécution isolés.
Shadow met en avant la dimension souveraine de sa plateforme. Les clients peuvent choisir de faire exécuter leurs traitements exclusivement sur des infrastructures européennes, hébergées chez OVHcloud. L’utilisation de modèles ouverts et d’API standardisées doit par ailleurs limiter les dépendances technologiques et faciliter la réversibilité.
Dès 2022, Shadow avait commencé à élargir sa clientèle au-delà des joueurs, notamment en lançant l’Option Power, une configuration renforcée reposant sur des GPU Nvidia RTX A4500, destinée aussi bien aux gamers qu’aux professionnels de la création. L’entreprise avait parallèlement lancé Shadow Drive, une offre de stockage en ligne développée avec Nextcloud, et regroupé ses services à destination des entreprises et des grands comptes sous la bannière Shadow Business Solutions. Cette activité professionnelle s’est depuis structurée autour de l’offre Cloud Workstations, qui propose des postes de travail virtualisés en mode VDI et DaaS.
Shadow emploie aujourd’hui une centaine de personnes, essentiellement basées à Paris, sur un total d’environ 160 collaborateurs pour Synfonium, le groupe créé par Octave et Miroslaw Klaba auquel appartient Shadow (et également Qwant). Son activité couvre plus d’une quinzaine de pays en Europe et en Amérique du Nord, les États-Unis représentant près de la moitié de son activité. Shadow revendique plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs de son offre de PC virtuels sous forme de service.


