Oracle a bouclé son exercice 2026 sur une nette accélération de son activité cloud, portée par la demande en infrastructure IA. Au quatrième trimestre, clos fin mai, le groupe a légèrement dépassé les attentes avec un chiffre d’affaires de 19,2 milliards de dollars, en hausse de 21% sur un an. Le bénéfice net progresse de 23% à 4,2 milliards de dollars et le bénéfice par action non-GAAP de 24% à 2,11 dollars, contre 1,96 dollar attendu par les analystes.
Le cloud représente désormais plus de la moitié des revenus trimestriels. Les revenus cloud, qui regroupent l’IaaS et le SaaS, bondissent de 47% à 9,9 milliards de dollars. Oracle Cloud Infrastructure reste le principal moteur, avec une croissance de 93% à 5,8 milliards de dollars. Les applications cloud progressent de 10% à 4,1 milliards. En parallèle, les revenus logiciels reculent de 2% à 6,8 milliards, tandis que les services progressent de 13% à 1,5 milliard et le matériel de 9% à 924 millions.
Sur l’ensemble de l’exercice, Oracle affiche un chiffre d’affaires record de 67,4 milliards de dollars, en hausse de 17%. Les revenus cloud atteignent 34 milliards (+39%), dont 18,1 milliards pour l’infrastructure cloud (+77%) et 15,9 milliards pour les applications cloud (+11%). Les revenus logiciels reculent légèrement de 1% à 24,5 milliards, les services progressent de 10% à 5,7 milliards et le matériel de 5% à 3,1 milliards.
Le carnet de commandes donne une autre mesure de l’accélération. Les obligations de performance restantes atteignent 638 milliards de dollars, en hausse de 363% sur un an, après une progression séquentielle de 85 milliards au quatrième trimestre. Oracle attribue cette envolée à de grands contrats IA, dont une partie est prépayée ou financée par les clients sous forme d’équipements (GPU) fournis au groupe. Ces prépaiements et apports matériels représentent 75 milliards de dollars.
C’est toutefois sur ce terrain que se concentrent les inquiétudes. Pour soutenir la demande, Oracle engage un programme d’investissement massif dans ses infrastructures. Sur l’exercice 2026, le groupe a levé 43 milliards de dollars de dette et 5 milliards de fonds propres. Il prévoit encore environ 40 milliards de dollars de financements en 2027, par dette et capitaux propres, dont une émission d’actions de 20 milliards déjà annoncée.
Dans le même temps, le flux de trésorerie disponible annuel ressort négatif de 23,7 milliards de dollars, sous l’effet des investissements dans Oracle Cloud Infrastructure. Les dépenses d’investissement 2026 ont atteint 55,66 milliards de dollars, au-dessus de l’objectif de 50 milliards. La perspective de nouveaux financements, conjuguée à la pression attendue sur les marges brutes en 2027, alimente les interrogations sur la capacité d’Oracle à financer durablement sa course aux datacenters IA sans trop alourdir son bilan.
Oracle maintient néanmoins un discours offensif. Le groupe confirme viser 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur l’exercice 2027 et relève sa prévision de bénéfice par action non-GAAP à 8,05 dollars. Pour le premier trimestre, il anticipe une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 27% et 29%, et une progression des revenus cloud de 58% à 64%.
La première réaction à Wall Street est négative avec une baisse de plus de 5% de l’action dans les négociations après la clôture de la séance de mercredi.