Nomios poursuit sa mue vers un modèle davantage tiré par les services et les revenus récurrents. Présent dans sept pays, le groupe a réalisé 553 M€ de chiffre d’affaires en 2025, en progression de 20 %, pour un EBITDA de 61 M€. La France a contribué à hauteur de 245 M€, contre 215 M€ en 2024, confirmant une nouvelle année de forte croissance pour la filiale historique du groupe (+14 %). L’effectif atteint désormais 340 personnes en France, sur un total de 1.300 collaborateurs au niveau européen.
Cette progression s’inscrit dans une transformation plus profonde du profil de l’entreprise. Sébastien Kher, son PDG (photo), souligne que les services représentent désormais 55 % du revenu net 2025 – soit 135 M€ en France –, alors qu’ils ne pesaient encore qu’environ 35 % des revenus 2024. Nomios se présente ainsi de moins en moins comme un simple intégrateur à forte dominante projets, et de plus en plus comme un fournisseur de services de cybersécurité, avec une base croissante de revenus récurrents.
Les moteurs de croissance 2025 se situent clairement dans ces activités récurrentes. Les services managés ou services d’exploitation (gestion des changements, application des rustines, mise à jour des règles) progressent de 43 %, les services de surveillance des événements de sécurité (SOC) de 42 % et le support (résolution des incidents de fonctionnement) de 41 %.
Si les services d’intégration (services professionnels) demeurent majoritaires en valeur, les services récurrents se rapprochent rapidement – et ont même déjà légèrement pris le dessus en termes d’effectifs. Le groupe constate en effet un double mouvement : avec la montée en puissance du SaaS, les projets se déploient plus vite qu’auparavant, mobilisant moins de ressources, tandis que les clients confient de plus en plus la gestion opérationnelle de leurs environnements de sécurité.
Pour autant, cette montée en puissance des services s’opère sans bouleversement majeur de la structure des effectifs. La part des ingénieurs demeure en effet étonnamment stable dans le temps, autour de 80 % de l’effectif total depuis l’origine. Ce qui fait ressortir un niveau particulièrement élevé de chiffre d’affaires par ingénieur, de l’ordre de 500 K€, soulignant la forte valeur ajoutée des profils concernés.
L’année 2025 a été marquée par l’acquisition du britannique Intragen en octobre dernier. Cette opération apporte à Nomios une expertise structurée dans la gestion des identités et des accès, avec des compétences sur CyberArk, SailPoint, One Identity et Okta. Une brique qui comble une lacune du groupe, explique Sébastien Kher. Elle lui permet de compléter son approche zero trust et de renforcer sa capacité à conduire des projets de cybersécurité globaux.
Bien qu’implanté dans cinq pays, Intragen n’était pas présent de France. Deux spécialistes des ventes ont donc été recrutés pour porter cette activité localement en s’appuyant sur les contrats et les ressources existants au niveau groupe. Ils comptent déjà plusieurs clients signés à leur actif.
Nomios a aussi poursuivi l’enrichissement technologique de son SOC qui, cinq ans après son lancement, a franchi le seuil des 100 clients en France. En janvier 2025, le groupe annonçait l’intégration de la plateforme de Qevlar AI dans ses sept centres opérationnels de sécurité managée – ainsi qu’un accord de distribution européen autour de cette solution – afin d’accélérer le travail des analystes sur les tâches les plus critiques. Plus récemment, Nomios a également intégré CrowdStrike et Trend Micro à son écosystème.
Autre fait marquant de l’année 2025 pour Nomios France, le déménagement de son siège. L’entreprise a quitté en novembre ses anciens bureaux de 1.600 m² à Boulogne-Billancourt, qu’elle occupait depuis neuf ans, pour de nouveaux locaux de 3.000 m² à proximité immédiate. Un investissement dans les conditions de travail, en cohérence avec l’obtention de la certification Great Place to Work dans l’ensemble des pays du groupe.
Autre actualité importante : le lancement commercial de son CSIRT. Officialisée le 13 mars, cette offre vise à proposer aux entreprises une capacité de réponse dédiée lors d’une attaque ou d’une situation de crise. Déjà actif depuis fin 2025, mais réservé à ses clients existants, le service est dirigé par Kévin Bertrand, ancien directeur d’enquête au C3N de la Gendarmerie nationale.
Pour 2026, Nomios vise une croissance organique attendue de 17 %, devant l’amener à 650 M€ de chiffre d’affaires et 75 M€ d’EBITDA. Sébastien Kher indique qu’à la fin du premier trimestre, le groupe est déjà légèrement en avance sur cette trajectoire. La poursuite du renforcement des services, la montée en puissance du consulting, la consolidation de l’activité IAM et la recherche de nouvelles acquisitions en Europe figurent parmi ses chantiers prioritaires pour l’année en cours. Cette feuille de route s’inscrit dans le plan défini en 2023 lors de la prise de contrôle par le fonds Keensight Capital : doubler la taille du groupe et dépasser les 100 M€ d’EBITDA à l’horizon 2028.