Un an après avoir annoncé son ambition de former un consortium susceptible de porter une candidature française au programme européen des giga-usines IA, Scaleway dévoile en sa composition. Et c’est du lourd : Ardian, Orange, EDF, Capgemini, Artefact, Bull et le Groupe iliad rejoignent son initiative AION visant à faire émerger sur le sol français une infrastructure IA de très grande capacité. L’investissement envisagé dépasse les 10 milliards d’euros pour une puissance de plus d’un gigawatt.
L’enjeu : permettre aux entreprises européennes d’entraîner, déployer et exploiter leurs modèles d’IA dans des conditions maîtrisées de performance, de coût et de souveraineté. Car la compétition ne se joue plus seulement au niveau des modèles mais de plus en plus sur la maîtrise des couches physiques. D’où la nécessité de constituer une alliance industrielle capable couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA.
Ardian apporte ainsi sa capacité d’investissement et son expertise dans les infrastructures critiques. EDF apporte la caution énergétique. Orange fournit son expertise dans les réseaux, les télécoms et le Cloud. Le Groupe iliad, à travers Scaleway, apporte son expérience dans les centres de données et le Cloud souverain. Bull revendique sa capacité à mobiliser une chaîne d’approvisionnement majoritairement européenne pour la mise à disposition d’infrastructures de calcul haute performance. Capgemini apporte son savoir-faire d’intégrateur. Et Artefact son savoir-faire dans le déploiement de l’IA.
Le consortium met également en avant un écosystème élargi associant notamment Crédit Agricole, Equans, Future4Care, GENCI, Hugging Face, Inria, Kyutai, LightOn, Multiverse Computing, Nokia, Opcore, Quandela, PariSanté Campus, Schneider Electric, SiPearl, Sopra Steria, Verne, VSORA et ZML. AION cherche ainsi à agréger des compétences allant des microprocesseurs au calcul quantique, en passant par les supercalculateurs, les plateformes cloud et IA, les infrastructures de centres de données, l’énergie, les télécoms et les usages métiers.
Dans sa communication, Scalewaleway présente la France comme une terre d’accueil naturelle pour cette future giga-usine, avec son électricité compétitive, souveraine et bas carbone, ses infrastructures numériques, ainsi que son savoir-faire dans les datacenters, le cloud et le calcul haute performance. Dans une période où le fait de dépendre d’infrastructures non conçues, non financées et non opérées en Europe est de plus en plus questionné, la détention des capacités de calcul s’impose désormais comme un levier de souveraineté bien compris.
Reste désormais à cette coalition d’industriels du numérique à transformer son initiative en projet effectivement retenu et soutenu par Bruxelles. Un soutien qui lui permettrait de bénéficier de plusieurs centaines de millions d’euros de commandes publiques. Mais, plus d’un an après l’annonce de son programme de giga-usines IA, Bruxelles tarde encore à passer à l’action.