Avec son dernier plan d’investissement, ielo estime être sur le point de boucler son maillage des grandes villes françaises. L’opérateur d’infrastructures poursuit néanmoins ses investissements vers les villes secondaires, les zones moins concurrentielles et les nouveaux pôles de datacenters.

Déjà présent dans plus de 3.300 communes, Ielo a engagé il y a six mois un programme étalé sur environ 18 mois visant à renforcer son réseau en propre en ajoutant 40 villes supplémentaires. Vingt – parmi lesquelles Angoulême, Limoges, Pau et Calais, représentant un potentiel de 200.000 entreprises supplémentaires – sont désormais ouvertes commercialement, et vingt autres doivent l’être progressivement d’ici l’été prochain.

Cette nouvelle vague doit surtout permettre à Ielo d’achever le maillage des principales agglomérations qui manquaient encore à son réseau. « Au terme de ce plan, on considère qu’on couvrira toutes les villes françaises importantes », explique Arthur Fernandez, cofondateur et président de l’opérateur. Parti d’une vingtaine de villes raccordées en 2020, Ielo en compte environ 200 aujourd’hui.

Une fois ces dernières grandes lacunes comblées, la stratégie va évoluer vers une densification plus fine. Ielo cible en particulier les territoires où les besoins de connectivité des entreprises augmentent mais où l’offre d’infrastructures reste limitée avec souvent Orange comme seul fournisseur disponible. L’opérateur entend ainsi apporter une alternative aux opérateurs de services qui ont besoin d’infrastructures pour construire leurs propres offres BtoB.

Cap sur les centres de données

Autre moteur de densification pour Ielo : les centres de données. L’opérateur en raccorde déjà près de 200. Or, Arthur Fernandez en témoigne, les nouveaux centres de données s’installent de plus en plus loin des grandes métropoles, là où les capacités électriques sont disponibles, créant d’importants besoins de connectivité dans des zones ne disposant pas d’infrastructures adéquates. L’enjeu pour Ielo va donc d’être capable de prolonger son réseau pour suivre le déplacement géographique des capacités de calcul.

Les centres de données sont en pleine accélération et représentent déjà autour de 20 % de l’activité de Ielo. Son cœur de clientèle reste toutefois les opérateurs, qu’ils soient régionaux, nationaux ou internationaux. Ces derniers génèrent à eux seuls entre 10 et 15 % de son chiffre d’affaires. Les clients institutionnels restent encore marginaux mais sont en pleine expansion.

L’homogénéité du réseau comme différenciateur

Malgré ses 52 M€ de chiffre d’affaires en 2025, Ielo continue d’afficher une croissance organique de 10 à 15 % par an. Une performance qu’Arthur Fernandez met sur le compte de l’homogénéité de son infrastructure. Alors qu’il exploite plus de 22.000 km de réseaux métropolitains, interconnectés par 12.000 km de réseau longue distance, l’opérateur utilise partout les mêmes architectures, les mêmes équipements, les mêmes principes d’exploitation, le même système d’information, les mêmes outils de supervision.

Une homogénéité qui se traduit par des délais de livraison raccourcis, des résolutions d’incidents facilitées et des coûts compétitifs, notamment par rapport aux réseaux constitués par empilement d’acquisitions. Autre avantage concurrentiel : l’internalisation des compétences clés qui lui permet de conserver la maîtrise de la conception, du déploiement et de l’exploitation de son réseau.

Ces caractéristiques qui lui permettent d’être profitable et de financer sa croissance sans dépendre d’opérations de croissance externe. Entré au capital en 2020, le fonds CVC DIF reste minoritaire, Ielo préférant s’appuyer sur ses soutiens bancaires pour assurer son financement. Son dernier refinancement bancaire date ainsi de 2024 pour montant de 208 M€.

La société n’exclut toutefois pas de participer à la consolidation du marché. Le groupe a ainsi fait l’acquisition de Lasotel en mai dernier et se dit disposé à étudier les opportunités à venir.