La Federal Trade Commission américaine (FTC) intensifie une enquête de grande ampleur visant Anthropic, OpenAI et d’autres laboratoires d’IA de pointe, afin d’établir les dangers potentiels de leurs technologies pour les consommateurs. D’abord révélée par le New York Post le 30 septembre, l’information a été confirmée par l’agence Reuters et par un porte-parole de l’agence fédérale auprès de CNBC. L’enquête, ouverte cet été, s’appuie sur le FTC Act, la loi fédérale contre les pratiques commerciales déloyales ou trompeuses.
« Le président Ferguson a lancé une enquête sur les principales entreprises d’IA il y a quelques semaines », a déclaré un haut responsable de la FTC au New York Post. L’agence prépare des civil investigative demands, l’équivalent d’assignations, pour contraindre les dirigeants à remettre des documents et à témoigner « des dangers que leurs produits feraient peser sur les Américains ».
Les préoccupations de la FTC seraient antérieures aux derniers incidents impliquant des agents IA, notamment celui de Hugging Face, mais ces derniers auraient renforcé l’urgence du dossier au yeux de l’agence selon Reuters. Les assignations seraient attendues « dans les semaines à venir ». Le groupe de recherche METR, missionné par les laboratoires d’IA pour des enquêtes indépendantes sur leurs incidents de sécurité, figure aussi parmi les entités concernées.
L’annonce tombe 24 heures après le sommet sur l’IA de la Maison-Blanche. Les dirigeants d’Anthropic, OpenAI, Google et xAI ont signé un accord volontaire d’autorégulation, qualifié de « moralement contraignant » par Donald Trump. Ce pacte laisse pourtant une large place aux engagements volontaires des entreprises, sans véritables mécanismes coercitifs.
L’ouverture d’une enquête par la FTC parait contradictoire mais ne devrait guère venir troubler les géants de l’IA. Nommé en 2024 par Donald Trump et présent à la signature de l’accord à la Maison-Blanche, Ferguson a jugé début septembre qu’il existait « largement assez de lois » pour encadrer l’IA.
Le haut responsable de la FTC, cité de manière anonyme par le New York Post, a lié l’enquête à la « course à la super intelligence » que les États-Unis « doivent absolument gagner » : « Rien dans notre enquête ne devrait s’y opposer. Nous ne leur disons pas d’arrêter. »
La portée réelle de l’enquête dépendra des mesures concrètes que prendra la FTC dans les prochaines semaines. À un mois des élections de mi-mandat, l’initiative s’adresse aussi à une opinion de plus en plus méfiante : selon Reuters/Ipsos, 39% des Américains jugent que l’IA nuit à la société — un record — et 73% estiment que les laboratoires n’en font pas assez pour prévenir des dommages graves.




