Phocea DC change d’échelle. L’opérateur marseillais annonce l’entrée à son capital du fonds d’infrastructure paneuropéen Marguerite. Complétée par un pool bancaire régional, l’opération doit lui permettre d’engager un plan d’investissement de plus de 120 millions d’euros pour déployer un réseau de datacenters Edge à Marseille. Marguerite bénéficie notamment du soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme InvestEU.

Dix-huit mois après l’ouverture de son premier site d’une puissance de 1,2 MW, Phocea DC entend ainsi multiplier les infrastructures de quelques mégawatts intégrées au tissu urbain. Un deuxième datacenter de 3 MW est déjà en développement. Sa chaleur fatale doit notamment être valorisée au bénéfice de 1 200 logements sociaux. Le projet doit reprendre les principes mis en œuvre sur le premier site : réhabilitation de bâtiments existants, refroidissement en circuit fermé, énergie décarbonée et PUE cible de 1,2.

L’entreprise veut notamment répondre aux enjeux d’acceptabilité que soulèvent les grands projets de datacenters en matière d’emprise foncière, de consommation d’eau et de besoins électriques. « Ce financement ne vise pas à empiler des mégawatts », souligne Damien Desanti, fondateur et CEO de Phocea DC (photo), qui veut démontrer qu’un datacenter peut « s’installer en pleine ville sans la contraindre », notamment en réhabilitant du foncier délaissé et en redistribuant sa chaleur.

Phocea DC revendique ainsi une approche complémentaire des grands campus hyperscale, adaptée notamment aux besoins de faible latence, de connectivité, d’hébergement réglementé et de continuité d’activité. Pour Marguerite, ce positionnement répond à « une demande européenne réelle : celle d’une capacité numérique souveraine, sobre en ressources et acceptable pour les parties prenantes locales », souligne Michael Dedieu, co-PDG du fonds.

Fondé en 2023 par Damien Desanti, Phocea DC avait levé 5 M€ auprès de Reflexion Capital pour financer son premier site marseillais, inauguré en janvier 2025. L’opérateur, qui exerce intégralement sous droit français, ambitionne à terme de répliquer son modèle dans d’autres villes françaises et européennes.