Oracle a invoqué la « force majeure » pour se prémunir contre d’éventuels surcoûts et retards de Project Jupiter, son gigantesque campus de datacenters IA en construction au Nouveau-Mexique. L’information, révélée par Bloomberg, a fait chuter le titre de plus de 5 % en séance jeudi.
La notification a été adressée à une filiale de Blue Owl Capital, promoteur du complexe. Elle permettrait notamment à Oracle de différer certains paiements si le campus n’entrait pas en service en 2028 comme prévu. Oracle assure toutefois que le projet reste conforme à son calendrier, tandis que Blue Owl affirme que la procédure ne modifie pas les engagements financiers associés au chantier.
Avec une capacité prévue de 2,45 GW, Project Jupiter constitue l’un des principaux projets de l’initiative Stargate et doit fournir des capacités de calcul à OpenAI. Mais le chantier rencontre plusieurs difficultés. Le gazoduc destiné à alimenter le site accuse près de six mois de retard après plusieurs refus de permis et sa mise en service n’est plus attendue avant février 2027. Le projet fait également face à des contestations concernant l’accès à l’eau et la qualité de l’air.
Les inquiétudes sont également financières. Selon le Financial Times, les 18 milliards de dollars de prêts mobilisés pour le campus se négocient sous leur valeur nominale, signe de la défiance croissante des investisseurs face au coût du projet et aux risques pesant sur son calendrier.
L’épisode intervient alors qu’Oracle engage des investissements massifs pour développer ses capacités d’infrastructure IA. Il illustre surtout les difficultés auxquelles se heurte désormais cette course aux datacenters : sécurisation de l’énergie, contraintes réglementaires et environnementales et besoins de financement considérables.



