Interstis vient de franchir une nouvelle étape dans la qualification SecNumCloud de sa suite collaborative souveraine Hexagone. L’éditeur a obtenu fin août le « jalon zéro » (J0), qui correspond à la troisième des quatre étapes du parcours de qualification porté par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) dans le but de certifier les services cloud de confiance en France. Une avancée qui lui permet désormais d’entrer officiellement dans la liste très sélective des services en cours de qualification SecNumCloud. Interstis vise l’obtention définitive du sésame à la fin du premier semestre 2027.

Sécuriser le service de bout en bout

Si Hexagone n’est pas encore qualifiée SecNumCloud, son infrastructure d’hébergement bénéficie déjà de cette qualification. Interstis s’appuie en effet depuis 2021 sur une zone SecNumCloud de 3DS Outscale – qui fait d’ailleurs partie des sept membres du consortium à l’origine d’Hexagone. « Mais cela ne suffit pas à rassurer les clients les plus exigeants », souligne Thomas Balladur, PDG d’Interstis. La société a donc engagé dès fin 2023 la qualification de la couche SaaS elle-même, en sus de l’infrastructure qui l’héberge.

Cette démarche doit permettre à Interstis d’apporter davantage de garanties à sa clientèle actuelle, notamment aux collectivités et aux PME. Elle devrait aussi lui ouvrir l’accès à des organisations d’importance vitale (OIV) pour lesquelles SecNumCloud constitue un prérequis. Enfin, l’éditeur y voit également une manière d’anticiper un relèvement progressif des exigences de cybersécurité de l’État. Ainsi, depuis le 22 août dernier, un arrêté impose que les données sensibles de l’État soient déposées sur un hébergement qualifié SecNumCloud.

23 000 utilisateurs depuis le lancement commercial

Commercialisée depuis le début de 2025, Hexagone revendique aujourd’hui une centaine de clients et environ 23 000 utilisateurs. Interstis indique gagner entre 1 500 et 2 000 nouveaux utilisateurs par mois et vise les 30 000 utilisateurs d’ici à la fin de l’année. L’éditeur estime par ailleurs avoir désormais suffisamment industrialisé ses outils de migration et d’accompagnement pour prendre en charge des déploiements à plus grande échelle.

Cette montée en puissance passe de plus en plus par l’indirect. Interstis dit avoir constitué un réseau d’une quinzaine de revendeurs locaux, notamment des MSP. Il s’appuie en parallèle sur des acteurs nationaux pour accompagner les projets plus importants. C’est notamment le cas de Spie ICS, avec lequel un partenariat a été officialisé au printemps (mais avec lequel il travaille depuis plus d’un an notamment sur le déploiement du Département du Tarn). Interstis indique également être en discussion avec d’autres grandes ESN, parmi lesquelles Axians, Capgemini et Magellan.

Cette montée en puissance de sa suite collaborative souveraine devrait bientôt s’accompagner d’un nouveau tour de table. Après deux précédentes levées de fonds en 2020 et 2023, Interstis prépare une troisième opération, dont l’annonce pourrait intervenir avant début 2027. Elle doit notamment servir à « massifier la commercialisation » d’Hexagone et à financer une nouvelle proposition de valeur autour de l’intelligence artificielle.