L’Alliance Green IT (AGIT) renouvelle sa gouvernance. L’association, créée en 2011 pour fédérer les professionnels engagés en faveur d’un numérique plus responsable, a désigné Mathieu Delemme et Angélica Calvet comme vice-présidents, en remplacement de Romuald Ribault. Cette nouvelle équipe entend élargir le périmètre historique de l’association, jusque-là principalement identifiée à la réduction de l’empreinte environnementale du numérique, pour y intégrer plus explicitement les enjeux d’inclusion sociale, de souveraineté et d’autonomie stratégique.

Le départ de Romuald Ribault marque la fin d’un cycle pour l’association. Au rang de ses plus ardents soutiens dès sa création en 2011, il en a été secrétaire général de 2013 à 2018, puis trésorier à partir de 2018 et vice-président à partir de 2020. Il avait souhaité ne pas être reconduit dans ses fonctions en décembre dernier afin de se consacrer pleinement à l’évolution de son rôle au sein de l’éco-organisme Ecologic.

Au cours de ces années, il aura notamment contribué à installer plusieurs des initiatives emblématiques de l’AGIT, parmi lesquelles le Baromètre Green IT, qui mesure la maturité des entreprises dans ce domaine, le guide des labels RSE et numérique responsable, ou encore We Do Green IT, rendez-vous annuel consacré à la responsabilité numérique qui réunit les principaux acteurs de l’écosystème.

Cette transition intervient après une année 2025 déjà mouvementée pour l’association. En septembre dernier, elle avait également vu partir Thomas Mesplède, son permanent historique, connaisseur hors-pair de son écosystème qui assurait notamment une partie importante de son travail de représentation. Il a été remplacé par Tálita Campos, qui travaillait à ses côtés depuis près d’un an.

Élargir le numérique responsable au social et à la souveraineté

Avec ses deux nouveaux vice-présidents, l’AGIT entend désormais ouvrir une nouvelle étape de son développement. Président de l’écosystème Ctrla – qui regroupe une dizaine d’entreprises représentant quelque 120 personnes – et impliqué dans le numérique responsable depuis plus de vingt ans, Mathieu Delemme veut notamment sortir d’une lecture essentiellement environnementale du sujet. Il a participé aux travaux sur l’accessibilité numérique dès le début des années 2000 et, plus récemment, à ceux qui ont contribué à poser les bases du Référentiel général d’écoconception des services numériques (RGESN), via sa collaboration avec l’Institut du Numérique Responsable (INR).

S’il entend poursuivre le travail historique de l’AGIT sur l’impact environnemental – notamment à travers ses baromètres, études de maturité, guides, livres blancs et référentiels –, il porte une feuille de route qui vise à donner davantage de place à l’inclusion sociale, notamment autour de l’accessibilité numérique, ainsi qu’à la sécurité globale et l’autonomie stratégique – avec des sujets tels que la maîtrise des flux de données, la résilience et la réduction des dépendances technologiques.

Il ambitionne notamment de produire des outils permettant aux entreprises de mieux mesurer leur degré de dépendance vis-à-vis de leurs fournisseurs technologiques et d’identifier les possibilités de réversibilité.

Angélica Calvet chargée d’accélérer l’ouverture internationale

L’autre vice-présidente, Angélica Calvet, qui dirige le cabinet de conseil CS Horizon et est active au sein de l’AGIT depuis 2015 via la Fédération Cinov, souhaite contribuer à renforcer les relations avec les fédérations professionnelles et à accélérer l’ouverture internationale de l’association.

L’objectif est de mieux diffuser à l’étranger les travaux produits en France, tout en organisant davantage d’échanges avec les écosystèmes étrangers. L’association s’appuie déjà sur AGIT Québec, veut développer ses activités au Mexique et en Amérique latine et participe aux réseaux européens du Green IT.

Transformer la notoriété de l’AGIT en influence

L’association veut également renforcer sa présence auprès des pouvoirs publics. L’idée étant de faire reconnaître ses travaux comme des sources susceptibles d’alimenter les référentiels publics, et pourquoi pas les futures réglementations. Le RGESN constitue à cet égard un modèle : issu de travaux de la société civile, ce référentiel est désormais repris dans les politiques publiques d’écoconception numérique.

Une assise financière à renforcer

Cette montée en puissance suppose toutefois de renforcer les moyens d’une association qui reste encore très dépendante du bénévolat et des cotisations de ses membres. La nouvelle gouvernance souhaite donc diversifier ses financements.

L’obtention en février 2025 du statut d’organisme d’intérêt général doit y contribuer. Celui-ci permet notamment à l’AGIT de mobiliser plus facilement des dons, du mécénat ou du mécénat de compétences et lui apporte une reconnaissance supplémentaire auprès des entreprises et des institutions.