Anthropic essuie un nouveau revers dans son bras de fer avec le Pentagone. Une cour d’appel fédérale américaine a refusé vendredi 25 septembre de suspendre la décision du ministère de la Défense de considérer l’éditeur de Claude comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement », rapporte l’agence Reuters. La décision a été prise par deux juges contre un.

Cette mise à l’écart remonte au conflit qui avait opposé Anthropic au Pentagone en début d’année. L’éditeur avait refusé d’autoriser un usage sans restriction de ses modèles d’IA par l’armée américaine, maintenant deux lignes rouges : la surveillance intérieure de masse et l’utilisation de l’IA dans des armes autonomes sans intervention humaine. Le Pentagone s’était alors tourné vers OpenAI et l’administration Trump avait ordonné aux agences fédérales de cesser d’utiliser les technologies d’Anthropic.

Anthropic contestait devant la justice son classement comme risque pour la sécurité nationale et cherchait à en faire suspendre les effets pendant la procédure. La majorité de la cour d’appel a toutefois estimé que les préoccupations du Pentagone concernant les restrictions susceptibles d’être imposées par Anthropic à l’utilisation de ses modèles dans des opérations militaires étaient suffisamment fondées pour laisser la mesure en vigueur. Les juges qui ont fait penché la bascule ont tous deux étés nommés par le président Donald Trump.

La bataille judiciaire n’est toutefois pas terminée. Une juge fédérale de San Francisco avait obtenu fin août un résultat favorable à Anthropic dans une procédure distincte, en bloquant notamment certaines mesures visant à empêcher les agences fédérales et leurs sous-traitants de travailler avec l’entreprise. Anthropic peut encore demander un réexamen de la dernière décision par l’ensemble des juges de la cour d’appel.