VFLIT remet le cap sur les 50 M€ de chiffre d’affaires. L’entreprise de services numériques d’origine bretonne a présenté son nouveau plan stratégique Horizon 2030, avec l’ambition de passer de 30 M€ de revenus en 2025 à 50 M€ d’ici à 2030. Un objectif qui n’est pas nouveau : il figurait déjà dans le précédent plan stratégique 2020-2025. Mais cette fois, VFLIT estime avoir achevé la transformation interne nécessaire pour y parvenir.

De fait, le précédent plan n’a pas atteint ses objectifs. Élaboré début 2020, il a été percuté par la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, les tensions d’approvisionnement, l’inflation et la crise énergétique. VFLIT a également subi l’évolution du marché des télécoms, en particulier sur le segment TPE, devenu insuffisamment rentable pour le groupe. VFLIT s’est aussi désengagé de certains projets de sûreté à fort volume mais à faible profitabilité. L’exercice 2024 a par ailleurs été perturbé sur les quatre métiers du groupe, entraînant une baisse d’activité toutefois compensée en 2025. Enfin, VFLIT n’a plus réalisé d’opération de croissance externe depuis le rachat d’Espace Com en 2022. « On s’est positionné sur plusieurs dossiers mais on ne gagne pas toujours. On a souvent fini deuxième », reconnaît Dave Lecomte, PDG de VFLIT (à droite sur la photo).

Pour autant, le groupe considère que cette période lui a été profitable au sens qu’elle lui a permis de se structurer. VFLIT explique être passé « d’une logique de filiales à une logique de groupe intégré », organisé autour de quatre métiers : l’infogérance, le cloud et la cybersécurité (qui représentent environ 50 % de l’activité) ; les télécoms et les réseaux (25 %) ; la sûreté (20 %) ; et les logiciels de gestion (5 %). Cette réorganisation a permis d’harmoniser les conventions collectives, de consolider les fonctions support et de mieux préparer l’intégration de futures acquisitions.

Le plan Horizon 2030 repose sur quatre leviers : le développement des activités de cybersécurité, le déploiement du projet IT+, le renforcement du maillage territorial et la reprise de la croissance externe. La cybersécurité apparaît ainsi comme l’un des principaux moteurs de croissance organique. VFLIT observe une forte hausse des besoins, avec des sollicitations liées aux réponses à incident en forte accélération (leur nombre a été multiplié par dix au cours de la dernière année). Le groupe vient à ce propos de se faire référencer par le CSIRT Pays de la Loire pour accompagner les organisations subissant une cyberattaque, et mène une démarche similaire en Bretagne auprès Breizh Cyber et en région Centre.

Mais le véritable fil rouge d’Horizon 2030 est le projet IT+, qui vise à faire de VFLIT le guichet numérique unique de ses clients, capable de prendre en charge l’ensemble de leurs besoins numériques. L’enjeu pour VFLIT est de faire grossir la proportion de clients qui lui confient des prestations sur au moins deux de ses métiers. Cette proportion ne dépasse pas 15 % aujourd’hui. Le groupe souhaiterait la faire doubler d’ici à trois ans.

VFLIT dispose déjà de l’ERP d’Artis, qui permet à ses collaborateurs d’accéder aux ressources et contrats des différentes sociétés. Mais l’outil ne suffit pas. Pour améliorer la fluidité de l’expérience client, VFLIT veut casser les silos internes, décloisonner les métiers et faire évoluer les comportements de ses équipes. Une mission qu’il a confiée à un prestataire spécialisé dans la conduite du changement, SensiPod, dans le cadre d’un programme pluriannuel.

Sur les 20 M€ de chiffre d’affaires additionnels visés, VFLIT attend environ la moitié d’opérations de croissance externes. Les priorités diffèrent selon les métiers et les géographies. Dans l’infogérance au sens large – cloud, cyber, intégration et services managés – le groupe se dit prêt à regarder des dossiers sur l’ensemble de ses territoires. Pour la sûreté et les logiciels de gestion, l’accent est mis sur la Bretagne, afin d’homogénéiser la couverture géographique de ces métiers. Le groupe insiste sur son ancrage territorial et sa volonté de rester à moins d’environ 1h30 de ses clients. « On croit beaucoup au modèle de proximité », résume Dave Lecomte. « Nous pensons que plus les outils sont éloignés des clients, plus le service doit être de proximité. »

Autre projet structurant : la reconstruction du site de La Roche-sur-Yon. Après deux ans d’études pour arbitrer entre rénovation et reconstruction, VFLIT a retenu la seconde option. Le permis de construire doit être déposé cet été, pour un démarrage des travaux prévu début 2027 et une livraison à partir de fin 2027. Le futur bâtiment, pensé pour améliorer la qualité de vie au travail, pourra accueillir entre 80 et 90 collaborateurs, contre 60 à 70 aujourd’hui. L’investissement se chiffre en millions d’euros.

VFLIT – acronyme de « Vous Faciliter l’IT » – compte aujourd’hui 226 collaborateurs, répartis sur 12 sites couvrant 22 départements du Grand-Ouest de la France.