Un décret signé le 14 juillet 2026 bannit à présent la construction de nouveaux datacenters d’une puissance de 50 mégawatts ou plus, dans l’Etat de New York, pour une durée d’un an. Les projets déjà autorisés vont se poursuivre.

Il s’agit du second Etat aux Etats-Unis à voter un moratoire sur les centres de données dédiés à l’IA, après l’Etat du Maine en mai dernier. Pour rappel, le Maine a voté une loi interdisant la construction de centres de données de 20 mégawatts ou plus jusqu’à l’automne 2027. Les deux raisons invoquées : l’impact négatif sur l’environnement et la flambée des prix de l’électricité. En effet, chaque centre de données de 20 MW de puissance consomme au moins autant d’électricité que 16.000 foyers états-uniens, voire plus.

En ce qui concerne l’Etat de New York, l’initiative vient de la gouverneure Kathy Hochul. « Le développement des datacenters menace d’augmenter les factures d’électricité, d’épuiser nos ressources naturelles et de plonger les New-Yorkais·e·s dans l’incertitude. Il est de ma responsabilité d’agir », déclare-t-elle, en expliquant vouloir donner du temps aux autorités pour élaborer un cadre réglementaire digne de ce nom. Le Département étasunien de la protection de l’environnement va s’attacher à fixer des normes concernant la consommation d’eau et d’énergie des datacenters mais aussi concernant toutes les nuisances sur les populations locales : îlot de chaleur, niveau sonore, pression sur les réseaux électriques et autres.

En outre, Kathy Hochul veut en finir avec les exonérations fiscales dont bénéficient les hyperscalers : « A l’avenir, ces installations devront produire leur propre énergie ou supporter un coût plus élevé pour utiliser le réseau électrique de l’Etat ».

Ces derniers jours, le quotidien The New York Times comparait la construction des datacenters à une ruée vers l’or, sans foi ni loi. The Washington Post n’hésite pas à qualifier ce moratoire d’un an de « revers cinglant pour les entreprises d’intelligence artificielle ». C’est également un revers pour l’administration Trump qui soutient avec ferveur le développement sans contrainte des hyperscalers. 86 moratoires de projets de construction de datacenters sont actuellement en cours dans 35 Etats du pays.

En Europe, des villes telles que Dublin et Amsterdam – initialement terres d’accueil de datacenters – ont d’ores et déjà voté des moratoires sur tout nouveau grand projet de centres de données. En France, le tribunal administratif de Grenoble vient de suspendre le permis de construire d’un datacenter dans la Drôme tandis qu’un rapport parlementaire demande la suspension de tous les projets de centres de données non-européens sur le sol français. In fine, la construction de centres de données dédiés à l’IA pose la question du conflit d’usage de ressources qui se raréfient.