Orisha poursuit sa stratégie de consolidation dans le logiciel métier. L’éditeur européen, basé à Paris, annonce trois acquisitions simultanées : Follow, plateforme SaaS destinée aux spécialistes chirurgicaux, Soneka, solution SaaS de Real Estate Asset Management, et un éditeur d’ERP SaaS 100% web pour les PME du BTP. Ces opérations renforcent respectivement ses verticales santé, immobilier et construction.
Le groupe, anciennement DL Software, s’est progressivement imposé comme une plateforme de logiciels BtoB sectoriels, également présente dans le commerce et l’agrifood. Il revendique aujourd’hui une présence dans une dizaine de pays, des clients dans 50 pays et 2.300 collaborateurs. Dans la santé, l’acquisition de Follow doit contribuer à porter la verticale au-delà de 100 M€ de chiffre d’affaires en 2026.
L’enjeu dépasse toutefois ces trois acquisitions. Orisha veut transformer un ensemble historiquement constitué par rachats successifs en groupe plus intégré, notamment sur les couches technologiques, data et IA. Le plan de croissance repose sur une combinaison de croissance organique et majoritairement d’acquisitions ciblées, avec l’objectif d’atteindre 400 M€ de chiffre d’affaires en 2026, puis 600 M€ en 2028.
Nommé CEO en 2025, Alexandre Fretti (photo) pilote cette nouvelle phase, avec le soutien des fonds Francisco Partners et TA Associates. L’ancien dirigeant de Webhelp et Malt entend faire d’Orisha une organisation « AI-first », notamment à travers Scout, une IA métier transverse appelée à être intégrée dans l’ensemble des produits du groupe. L’objectif est de mutualiser l’innovation tout en conservant la spécialisation sectorielle des solutions rachetées.
Cette trajectoire rapproche Orisha d’autres consolidateurs français du logiciel métier, à commencer par Septeo (467 M€ de CA en 2025). Le groupe montpelliérain, valorisé plus de 3 milliards d’euros fin 2024, s’est lui aussi construit par acquisitions autour de verticales professionnelles, notamment le droit, l’immobilier, l’hébergement, les RH et l’IT. Les deux groupes illustrent la constitution progressive de champions européens du logiciel vertical, positionnés à la fois sur la consolidation sectorielle, l’IA métier et l’autonomie technologique.